“Il est nécessaire de garder une petite réserve car le besoin en fonds de roulement risque d’augmenter très vite, même pour les projets modestes inférieurs à 15 000 euros qui sont pourtant dans l’ensemble autofinancés. Les banquiers n’aiment pas trop devoir remettre la main à la poche ou autoriser un découvert au bout de trois mois”, prévient Jean-Luc Massol, de l’Agence pour la création d'entreprises (APCE).
L’emprunt auprès d’une banque est courant et se négocie avec des arguments solides. C’est une étape clé dans la finalisation de votre projet. Vous devez constituer un dossier de financement qui doit s’appuyer sur un prévisionnel raisonnable. C’est l’élément capital de votre demande de prêt : “
Le banquier part du dernier CA réalisé. Il faut donc que le prévisionnel ne s’éloigne pas trop de l’existant à moins d’être sûr de son argumentaire. Une progression annuelle comprise entre 3 et 10 % du CA est raisonnable", détaille Fanja Rajaofera.
Il est important de parler le même langage que votre banquier et de ne pas oublier qu’il est lui aussi… commerçant. Un financier raisonne en terme de risques calculés : “
Le banquier va toujours se demander s’il pourra récupérer ses billes sans crise, sans hypothèque et avec un intérêt”, poursuit Lé Pham Trong, consultant indépendant. Sa principale préoccupation étant non seulement de “rentrer dans ses fonds” mais aussi de dégager de la marge, il ne s’engagera pas plus que vous dans l’aventure.
Le financier a besoin de croire en l’homme ou la femme qui se présente à lui. Il est donc indispensable de travailler ses arguments avant de le rencontrer. Inutile de présenter des comptes prévisionnels irréalistes, il ne sera pas dupe : “
On a une notion de zone de périmètre : Le Crédit Lyonnais est une banque de proximité, donc le conseiller bancaire ira sur place pour voir l’affaire, évaluer le fonds et apprécier l’environnement économique”, avertit Armand Fragny (LCL).