“C’est probablement la dernière conquête en plein cœur de ville”, explique François Husson. Pour le directeur du service commerce à la CCI, Gilles Roux, le réaménagement complet de la place Thiers ouvre de nouvelles perspectives : “La gare, jusqu’à présent, tournait le dos à la partie ouest de la ville. En ouvrant des entrées sur la rue Saint-Léon et le viaduc Kennedy, on décloisonne cette partie et on espère un développement commercial.”
Si beaucoup de petits commerces de détail ont fermé dans les années 80-90, le centre a malgré tout maintenu son attractivité grâce à la création d’un centre commercial en plein cœur de ville, Saint-Sébastien, qui a favorisé un renouvellement de l’offre. Un fonds d’intervention pour les services, l’artisanat et le commerce (Fisac) a, en outre, permis de rénover les façades des immeubles avoisinants.
Le plus important plancher commercial de Nancy se trouve ainsi toujours au cœur de la ville, avec 22,6 % de la consommation. Mais il est indéniable qu’il a vu son espace marchand se rétrécir. “La deuxième ligne de tramway, dans le sens nord-sud, changera peut-être la donne. L’évolution des facteurs de commercialité porte déjà ses fruits puisque l’on observe l’installation de commerces, dans les rues Saint-Dizier et Stanislas, notamment. La ville évolue sur de nouveaux quartiers", note Gilles Roux.
Fermée d’un côté par la voie ferrée, la ville l’était aussi à l’Est par le canal. Le réaménagement de ce dernier devrait permettre de la dégager, d’autant que s’ouvre, sur l’autre rive, un horizon particulièrement intéressant de 130 hectares à exploiter : une ville nouvelle grâce à la récupération de nombreuses friches. “Peu de cités ont des espaces fonciers aussi importants à redéployer”, se félicite Jean-Pierre Lehmann des Vitrines de Nancy. Un centre commercial de 25 000 m2 avec un Auchan et une vingtaine de boutiques, dans la zone de Marcel-Brot, devrait contribuer à son décollage.