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Concurrence acharnée sur le marché du bio

Par Sophie MENSIOR - Le 26 / 04 / 2017
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Concurrence acharnée sur le marché du bio

La lutte est rude sur le marché en forte croissance des produits bio, selon une étude de Xerfi. Magasins spécialisés, grandes surfaces alimentaires, et circuits émergents fourbissent leurs armes.

Le marché des produits bio alimentaire poursuit sa croissance. En hausse de 14,7 % en 2015, il pèse aujourd’hui près de 5,8 milliards d’euros, soit le double de son niveau de 2008. Et ce n’est pas fini ... Les ventes devraient en effet bondir de 15 % en 2016, d’après les prévisions des experts de Xerfi.

Pour autant, ces derniers estiment que le marché ne pourra soutenir une telle cadence à plus long terme. Celle-ci est amenée à ralentir, tout en se maintenant à un niveau élevé. La croissance moyenne du marché bio devrait donc fluctuer entre 8 et 9 % par an pour dépasser 9,3 milliards d’euros d’ici 2020.

Dynamisme des magasins bio


Locomotives du marché depuis 2012, les magasins bio affichent une excellente santé. Les ventes de l’ensemble du circuit ont en effet augmenté de 17 % en 2015 ! Ce chiffre atteint 20 % pour les leaders Biocoop, la Vie Claire, Naturalia et Bio c’Bon. Ce dynamisme s’appuie avant tout sur l’extension rapide du réseau de magasins, à l’origine de plus de la moitié de la hausse d’activité.

Les enseignes ont également su réagir face à l’offensive des grandes surfaces alimentaires (GSA) en misant sur les marques de distributeurs, la généralisation du vrac et les gammes discount pour faire baisser les tarifs.

Pour les experts de Xerfi, les spécialistes continueront donc de réduire l’écart avec les GSA dans les prochains mois. Notamment en modernisant leur image. Les magasins bio devraient voir leur part de marché s’accroitre d’ici 2018 pour dépasser 36 %.

Puissance marketing des grandes surfaces

 
Face aux magasins spécialisés, les grandes surfaces affirment leur statut de leader (42,9 % des ventes en valeur en 2015). Mais les efforts des magasins bio en particulier en termes de prix, on effrité leur part de marché entre 2011 et 2015. Celle-ci devrait encore se contracter pour plafonner à 42 % d’ici 2 à 3 ans.

Cependant pour Xerfi, les GSA seront les grandes gagnantes de la vague de démocratisation du bio en France d’ici 2020. Les formats de magasin 100 % bio testés par les enseignes devraient se propager à toute vitesse. Quatre magasins Carrefour Bio ont déjà ouvert en 2015 à Paris et en petite couronne, et la dizaine d’unités devrait être atteinte avant la fin 2016. De son côté, Auchan prépare  l’ouverture d’un deuxième magasin Coeur de Nature à Paris pour la rentrée. D’autres enseignes se sont fixées des objectifs ambitieux dans ce secteur, à l’instar du groupe Leclerc.


Les circuits émergents ont leur mot à dire


Mais les jeux sont loin d’être faits. Tandis que les stratégies des GSA et des magasins spécialisés convergent, de nouveaux acteurs se font une place dans le paysage concurrentiel, à l’image des distributeurs en vente directe (marchés paysans, vente à la ferme, AMAP, paniers collectifs…). Ciblant peu ou prou la même clientèle que les magasins bio, ils affichent les meilleures performances du marché depuis 2011, avec 16 % de croissance moyenne annuelle.
Selon Xerfi, ce mode de distribution devrait représenter plus de 14 % des ventes en 2020, soit presque un point de plus qu’aujourd’hui.

Sans oublier, dans cet univers très concurrentiel,  le développement de l’achat en ligne de produits bio. Si sa part de marché reste minoritaire, certains acteurs arrivent à tirer leur épingle du jeu, à l’image de Greenweez.

Les grandes manoeuvres ne sont pas terminées  : fin juillet, le groupe Carrefour annonçait le rachat de ce site en ligne, leader sur son marché.

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