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Délais de paiement : les grandes entreprises sous surveillance

Délais de paiement : les grandes entreprises sous surveillance

Avec la crise sanitaire, les délais de paiement sont repartis à la hausse. Si la sphère publique a progressé, certaines grandes entreprises maintiennent de mauvais comportements.

Par Sophie MENSIOR - le 29/09/21

La pandémie de Covid -19 n’a pas arrangé la situation des délais de paiement. Entreprises et administrations ont été confrontées à un certain nombre de difficultés pour faire face à leurs obligations de règlement. C’est le constat du rapport annuel 2020 de L’Observatoire des délais de paiement.

Alors que les retards de paiement  étaient descendus à 11,24 jours  en janvier 2020, ils sont montés à 15,30 jours en août avant de revenir à 12,84 jours en décembre 2020, selon les données d’Altares.

« Nous ne sommes toujours pas repassés sous la barre des 12 jours, ce qui marque un reflux trop lent des retards de paiement », déplore Bercy.

Cette dégradation des paiements a concerné toutes les catégories d’entreprises et tous les secteurs, mais plus particulièrement l’hébergement et la restauration. Cependant, la mise en place de dispositifs publics de soutien et l’action de certains clients vis à vis de leurs fournisseurs, par le versement d’acomptes et le paiement accéléré de leurs factures, a permis de contenir ce phénomène.

Avec la mise en place de mesures spécifiques, les administrations ont pu assurer la continuité du paiement de leurs fournisseurs. Ainsi en 2020, les délais de paiement dans la sphère publique ont baissé de façon significative : 2 jours en moyenne pour l’Etat, 1 jour pour l’ensemble des communes, 2,8 jours pour les départements et 5, 5 jours pour les régions.

Pression sur les grandes entreprises

En revanche, certaines grandes entreprises maintiennent de mauvais comportements, moins d’une sur deux payant ses fournisseurs sans retard. C’est pourquoi Alain Griset, ministre chargé des Petites et Moyennes Entreprises, appelle à leur mobilisation et a annoncé le maintien d’une pression de contrôle élevée de la part de la DGCCRF, qui les ciblera particulièrement.

L’implication de la Banque de France dans les travaux de l’Observatoire des délais de paiement doit, par ailleurs, être renforcée. Les comptes des entreprises en bonne santé financière devraient faire l’objet d’une vigilance accrue.

« Les retards de paiement affaiblissement nos entreprises, en particulier les plus petites, les plus vulnérables et les plus fragiles d’entre elles. En l’absence de retards de paiement, les PME disposeraient de 19 milliards de trésorerie supplémentaires », a déclaré Alain Griset. « Les mesures que nous avons annoncées doivent accompagner une prise de conscience des entreprises que payer ses partenaires dans les temps doit être une priorité », a-t-il ajouté.