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Et si Internet sauvait...les artisans de quartier ?

Par Sophie MENSIOR - Le 26 / 04 / 2017
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Et si Internet sauvait...les artisans de quartier ?

Des start-ups à la rescousse du commerce de proximité... C'est ce que propose Julien Van Hœylandt, cofondateur du site internet Quatre Epingles et spécialiste du marketing et du digital.

Par Julien Van Hoeylandt, @julienvanh,  https://www.quatreepingles.fr/


C’était mieux avant. C’était mieux ce temps où les commerces fleurissaient les rues de nos villes, où les commerçants connaissaient les prénoms de leurs clients et les clients la vie de leurs commerçants. Aujourd’hui, les commerces ferment les uns après les autres. Ce sont 8 500 « petits commerces » en moins l’an passé et pendant ce temps la FEVAD (« fédération des entreprises de vente à distance ») annonce désormais 140 000 sites de vente en ligne en France. Le fossé se creuse et le grand méchant internet veut la mort du petit commerce ? Pas si sur. Et si Internet … sauvait le commerce de proximité ?

Les usages de consommation changent à grande allure.Tout le monde ou presque dispose désormais de son smartphone et beaucoup consomment des produits ou des services via celui-ci. Plus de 25 millions de français utilisent les réseaux sociaux. Près d’1/3 de la population utilise ou souhaite utiliser un service de consommation collaborative comme la location de voiture ou d’appartement entre particuliers. Les infrastructures de transport informent les usagers en ligne. L’ère de la smart-city a débuté.

La redistribution des cartes n’a pas pour objectif de tuer le commerce physique mais de remettre l’usager, le consommateur, au centre. Au centre de quoi ? Au centre d’un parcours quotidien qui devient complexe et anxiogène quand la ville grandit et la technologie contribue à cette simplification en marche. C’est parfois fait avec maladresse comme Uber dans le transport, ce qui a donné lieu à de nombreuses manifestations des taxis et même des décrets de notre gouvernement. Mais le plébiscite commercial montre que le consommateur est bel et bien au centre et que celui-ci a de réelles attentes.

Côté commerce et e-commerce, on parle de Click & Mortar, de Click-to-Store,Click & Drive ou Click & Collect. Ces anglicismes finalement ne veulent dire qu’une seule chose : comment utiliser la force du e-commerce pour amener un consommateur à venir dans mon magasin ? C’est aussi le défi des commerçants de quartiers, pas seulement celui des grandes enseignes nationales. Les artisans de proximité et commerçants de nos rues ont finalement les mêmes armes pour se battre et survivre. La démarche de la Ville de Paris (Semaest) et de son expérimentation CoSto (connected stores) est à ce titre intéressante. Une façon de mettre en avant les start-ups, qui aident les commerces à monter en technologie. Faire venir du trafic en magasin, le convertir en client grâce à des mécaniques commerciales venues du web, le viraliser grâce aux réseaux sociaux, le fidéliser grâce aux services. Les démarches sont nombreuses et c’est sans doute elles qui permettront au petit commerce de se sauver et de retrouver son lustre d’antan.

De nouvelles solutions de logistiques urbaines permettent de se faire livrer n’importe quel produit de commerçants et de restaurateurs. Ceux-ci s’inscrivent à ces services en ligne. Pourquoi ? Car le consommateur lambda veut accéder plus facilement à ce qu’il aime. Il ne chasse aucunement le commerçant local, il en a même besoin. Il veut simplement y accéder plus facilement, sans se déplacer. Madame Tout-le-monde en a marre de courir après le travail pour se rendre dans son pressing avant la fermeture. Monsieur Tout-le-monde lui n’en peut plus de faire la queue le samedi, alors qu’il aurait préféré profiter de son temps libre. Et cette nouvelle forme d’accès n’est possible que grâce àinternet.

Dans quelque temps, chaque consommateur traitera les tâches contraignantes du quotidien depuis son mobile. Les artisans de proximité qui sauront s’adapter et s’ouvrir à internet et aux nouvelles technologies auront la possibilité de profiter de ce nouvel usage. Le maillage commercial urbain change, de nouveaux acteurs arrivent. De nouveaux liens vont même se créer entre des commerçants qui n’avaient jusqu’à présent que peu d’échange. Tout ça pour qui ? L’usager, le consommateur, désormais seul maître à bord. On parie ? Rendez-vous dans quelques années.

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