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Financement de la transmission des TPE-PME : un bilan satisfaisant mais peut mieux faire

Par Sophie MENSIOR - Le 26 / 04 / 2017
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Financement de la transmission des TPE-PME  : un bilan satisfaisant mais peut mieux faire

Pour l’Observatoire du financement des entreprises, il n’y a pas de difficultés générales quant au financement de la reprise. A partir du moment où certaines conditions sont remplies….

Suite au rapport de Fanny Dombre-Coste remis au gouvernement en juillet 2015, l’Observatoire du Financement des entreprises a été chargé, il y a an, d’établir un diagnostic sur le financement de la reprise d’entreprises (TPE-PME), d’identifier ses principaux obstacles et de proposer des pistes pour améliorer ce type d’opérations.

En effet, la transmission est au coeur des préoccupations des pouvoirs publics et des différents acteurs spécialisés (CCI, experts-comptables, avocats…). Les raisons : le nombre d’entreprises concernées, dans les 10 années à venir, est estimé à 600 000, notamment en raison du vieillissement des dirigeants.


Le profil du repreneur : un élément fondamental


Pour Fabrice Pesin, président de cet observatoire  et qui vient de remettre son rapport à Michel Sapin et Martine Pinville, « il n’y a pas de difficultés générales quant au financement de la reprise, à partir du moment où certaines conditions sont remplies ». C’est-à-dire la capacité du repreneur à mener à bien cette opération.  « Trop de repreneurs sous-estiment la complexité d’un dossier de financement », ajoute le président de l’observatoire.

Car le profil du repreneur est un élément fondamental dans la réussite du projet. Si celui-ci a déjà été dirigeant et s’il connait bien le secteur dans lequel il veut se lancer, il aura plus de chances de se voir octroyer un crédit qu’un ancien cadre salarié… Et sera mieux à même d’endosser les habits de chef d’entreprise.

Tout en sachant que le contexte financier et prudentiel évolue. Et que la tendance est aujourd’hui au co-financement : lorsqu’auparavant, il y avait une banque un dossier, on voit aujourd’hui des petits pools bancaires (3 établissements) se constituer.


Plusieurs pistes d’amélioration


Le rapport formule plusieurs recommandations, notamment en termes d’accompagnement et de conseils.
Si  l’offre en matière de formations à la reprise est déjà abondante, un nombre insuffisant de repreneurs s’engagent à les suivre. Pour l’Observatoire, l’ensemble des réseaux d’accompagnement et des réseaux socio-professionnels doivent donc continuer à orienter les repreneurs potentiels vers ces formations.

De même, les dossiers de financement, sont trop souvent mal préparés, surtout les petits dossiers, les patrons de TPE faisant l’impasse sur les conseils, essentiellement pour des raisons de coût. Le rapport recommande donc aux repreneurs de se faire accompagner par des experts de la transmission : expert-comptable, réseau d’accompagnement ou cabinet spécialisé. De plus, les cédants doivent se faire aider par des professionnels pour l’évaluation de leur affaire et fixer le prix de cession.

Améliorer le recours au crédit-vendeur


De façon plus technique, il propose d’amplifier le recours au mécanisme du crédit-vendeur. Par une meilleure communication auprès des repreneurs et des établissements bancaires, notamment sur les dispositifs de garantie qui existent déjà (Bpifrance, sociétés de caution…).

Dernière recommandation du rapport : mettre en place un tableau de bord permettant le suivi de l’ensemble des financements consacrés aux transmissions, afin d’avoir une vue plus globale. Les statistiques disponibles aujourd’hui étant aujourd’hui insuffisantes.

Des groupes de travail composés des acteurs concernés par la transmission/reprise d’entreprises devraient être mis en place d’ici le premier trimestre 2017 afin de concrétiser certaines des recommandations de ce rapport.
 
 
 

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