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La dynamique des entreprises franciliennes passée au crible

Par Sophie MENSIOR - Le 26 / 04 / 2017
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Comment se comportent les entreprises en Ile-de-France lors des moments cruciaux de leur vie ? C’est l’objet d’une étude menée par deux observatoires de la CCI Paris Ile-de-France et Ellisphere.

Une étude, réalisée par deux observatoires de la CCI Paris Ile-de-France (L’Oced et le Crocis) et Ellisphère, spécialiste de l'information économique, sur la dynamique entrepreneuriale en Ile- de-France se penche sur les moments particuliers de la vie des entreprises : la création, la survenue de difficultés nécessitant l’ouverture d’une procédure collective et la survie de l’entreprise après celle-ci.


Premier temps : la création d’entreprises

La mise en place au 1er janvier 2009 du régime de l’auto-entrepreneur a profondément bouleversé le paysage de la création d’entreprises, en Ile de France, comme en France… Jusqu’en 2014, les autoentrepreneurs ont représenté la majorité des créations franciliennes, entre 51 et 56 %. En décembre 2014, ce régime est remplacé par celui de micro-entrepreneur, plus contraignant. L’effet a été immédiat, le régime enregistrant une baisse des créations en 2015. C’est ainsi que 143 620 entreprises ont vu le jour en Ile de France en 2015, dont 46 % sous le régime du micro-entrepreneur.

Les créations d’entreprise classiques sont devenues dès lors majoritaires, une première depuis 2009. Une tendance qui se confirme au 1er trimestre 2016 : désormais 54,5 % des créations sont des entreprises « classiques », niveau jamais atteint auparavant.
En termes de secteur, près de trois quarts des créations sont des entreprises de service (74 %), viennent ensuite le commerce (15 %), la construction (9 %) et l’industrie (3 %).

La part prise par les microentreprises varie fortement selon les secteurs d’activité : 29 % pour le commerce, 34 % pour la construction, 47 % pour l’industrie et 51 % pour les services.

Deuxième temps : les entreprises en procédure collective


En Ile de France, bien que l’on ait observé un accroissement du nombre d’ouvertures de procédure collectives, celui-ci est resté inférieur au pic historique de 1993 (-22 % en février 2010). Depuis 2015, on assiste à un reflux national (-5 % en glissement annuel au 1er août 2016), et à contre-courant de la situation nationale, une augmentation dans la région capitale (+ 3 %, en glissement annuel au 1er août 2016). Malgré cet accroissement, les défaillances restent inférieures à celles de 1993 (-26 %) en Ile de France.

Néanmoins dans la région francilienne, les ouvertures de procédure collective diminuent depuis le début de l’année, laissant présager un renversement de tendance.

En ce qui concerne les entreprises en redressement ou liquidation judiciaire, trois secteurs d’activité sont prépondérants et représentent près de 60 % des procédures : bâtiment, services aux entreprises et services aux particuliers. Ce sont des entreprises de petite taille, leur chiffre d’affaires médian étant inférieur à 300 000 euros. En termes de forme juridique, les taux de défaillances sont les plus élevés pour les formes sociales, plus particulièrement pour les SARL.

Troisième temps : le devenir des entreprises après l’ouverture d’une procédure collective


Sur la période 2007-2015, 70 % des ouvertures de procédure en France métropolitaine correspondant à des liquidations judiciaires directes  marquant la disparition de l’entreprise suite à "un dépôt de bilan". 30 % des entreprises défaillantes bénéficient d’un redressement judiciaire leur permettant d’espérer une continuation d’activité. Pour l’Ile de France, première région française, qui représente entre 12 et 13 % des redressements judiciaires, le constat est similaire avec près de 81 % des entreprises inactives.

Les entreprises qui survivent à un redressement judiciaire font preuve d’une adaptation, que l’on pourrait qualifier de « darwiennne », selon les auteurs de l’étude : « plus je suis petite, mieux je survis ».

En Ile-de-France, comme au plan national, les entreprises qui emploient entre 3 et 9 salariés, présentent les taux de survie les plus élevées suite à un redressement judiciaire (1 entreprise active sur 4 en mai 2016).
 

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