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Les soldes dans l'attente d'une nouvelle réforme

Par Sophie MENSIOR - Le 09 / 08 / 2017
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Les soldes dans l'attente d'une nouvelle réforme

Malgré un bilan meilleur que prévu, les commerçants veulent faire évoluer le dispositif des soldes. Bruno Le Maire a annoncé l’ouverture d’un débat sur ce sujet.

L’heure est au bilan pour les soldes d’été, qui viennent de se terminer jeudi 8 août. La saison 2017 s’avère meilleure, puisque quasiment un commerçant sur deux est satisfait des résultats observés, alors qu’ils n’étaient que 23 % au printemps 2016,  selon une enquête de la CCI Paris-Ile-de-France. La chaleur, notamment en juin a permis de réaliser de bonnes ventes sur des produits d’été traditionnels (tee-shirts, jupes, chaussures ouvertes…). Grâce à la mise en place de démarques attractives (44 % ont opté pour des rabais allant jusqu’à 50 % dès la première démarque), les commerçants ont pu attirer les clients avant leur départ en vacances et préserver leur marge.

Démarrage trop tardif

Pour autant, malgré cette légère amélioration, -60 % ont réalisé un surplus de chiffre d’affaires pouvant aller jusqu’à 20 %-, 57 % des commerçants parisiens se déclarent insatisfaits de ces soldes. Notamment en raison des dates : 56 % d’entre eux  critiquent les dates proposées, contre 43 % l’an dernier. Deux tiers d’entre eux estiment qu’ils ont démarré trop tard et trop près des vacances scolaires. Toutefois, le retour des touristes, qui amène du chiffre d’affaires supplémentaire et l’ouverture dominicale permettent d’envisager l’avenir de façon plus optimiste.

Alors que les ventes privées et autres opérations promotionnelles continuent de se multiplier (61 % des commerçants interrogés en ont organisé),   82 % sont toujours attachés aux soldes traditionnels. Ils veulent les conserver à condition de mettre en place une législation plus stricte, et de revoir le dispositif. C'est ce qu’a déclaré Bruno le Maire, ministre de l’économie et des finances, lors du début des soldes d’été,  annonçant qu’il « allait ouvrir une concertation avec tous les acteurs du commerce ». Plusieurs solutions peuvent être envisagées comme la mise en place d’un nouvel évènement commercial fédérateur au niveau national avec un format court (2-3 jours comme le Black Friday).

Des soldes tout au long de l’année ?

De son côté, Francis Palombi, président des commerçants de France et artisans commerçants indépendants, propose deux solutions :
 

-mettre en place la directive européenne de 2005, et comme en Allemagne, laisser la liberté aux acteurs économiques de la distribution de pratiquer des soldes tout au long de l’année selon leurs besoins et en fonction de leur entreprise. Pour cela, il suffit de libéraliser la vente à perte au-delà des périodes de soldes et des opérations de liquidation comme le préconise la directive.

- instaurer à la fin de chaque saison, la possibilité pour les distributeurs s’ils le souhaitent, de pratiquer des soldes pendant une semaine. Ce qui permettrait de créer quatre évènements commerciaux importants pour les consommateurs. Une proposition déjà faire par Thierry Breton, ancien ministre de l’économie et des finances (février 2005-mai 2007).

Dans ce contexte, trouver un consensus entre les différents acteurs concernés risque d’être un exercice difficile à réaliser.

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