Cession Commerce

Les soldes : un modèle à bout de souffle

Par Sophie MENSIOR - Le 26 / 04 / 2017
Suivre sur Twitter

Les soldes : un modèle à bout de souffle

Déception et insatisfaction sont les termes, qui résument les sentiments des commerçants parisiens vis-à-vis des soldes d’été 2016. Ce mode de commercialisation semble dépassé par les nouvelles pratiques de consommation.

Des clients moins nombreux, des ventes en baisse. La déception est au rendez-vous chez les commerçants parisiens interrogés dans le cadre de l’enquête « soldes d’été 2016 », réalisée par l’Observatoire économique régional (CROCIS) de la CCI Paris Ile-de-France.

63 % des commerçants se déclarent insatisfaits du chiffre d’affaires réalisé pendant les soldes de cet été 2016. Plus en détail : 17 % des commerçants n’ont observé aucun surplus de CA par rapport à un mois normal et au total 66 % des commerçants ont réalisé un surplus de CA inférieur ou égal à 20 %. Le pouvoir d’achat en berne et les conséquences des attentats pesant sur le moral des consommateurs.

Les ventes privées, fossoyeuses des soldes ?


A cela s’ajoute une fréquentation touristique en repli. La clientèle étrangère, que les commerçants espéraient voir arriver avec l’Euro de football, semble avoir déserté la région parisienne. Selon 89 % des commerçants, la fréquentation touristique est en baisse. Les répercussions du championnat européen sur leur activité auront même été faibles voire nulles.

La faute aussi aux ventes privées, qui « cannibalisent » les soldes car elles sont souvent proposées juste avant la date de démarrage des soldes. Un quart des commerçants ont pratiqué ces ventes privées  dans la première quinzaine de juin. « Quand arrivent les soldes, les clientes ont déjà dépensé leur budget habillement, il faut bien reconnaître qu’on récolte ce qu’on sème, on a tué les soldes avec toutes ces promotions, on ne peut s’en prendre qu’à nous-mêmes », indique une commerçante.

Proposer du nouveau


Les sites Internet sont également pointés du doigt. Même si constat est à nuancer : 34 % des commerçants considèrent que les ventes par Internet et leur activité pendant les soldes en boutique peuvent aussi être complémentaires.

Du coup, 51 % des commerçants parisiens se déclarent pessimistes pour la saison prochaine mais estiment aussi pouvoir agir de leur côté. Par exemple, en revoyant les collections, en créant des produits différenciants et en prenant des risques. « Il faut proposer quelque chose de nouveau, quelque chose qui pétille, les gens ont besoin de nouveauté, d’articles qu’on ne voit pas partout. La balle est dans notre camp », conclut cette commerçante de la rue de Rennes.

< Retour à la liste

Ces pages pourraient vous intéresser :

Actualité
Magazine l'argus des commerces et des entreprises