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Une fin d’année difficile pour l’hôtellerie et la restauration

Par Sophie MENSIOR - Le 26 / 04 / 2017
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Une fin d’année difficile pour l’hôtellerie et la restauration

La filière HCR a été fortement impactée par les attentats de novembre dernier, notamment à Paris et en Ile-de-France. L’économie collaborative semble aussi expliquer les difficultés rencontrées par ce secteur.

Avec une forte chute enregistrée sur l’ensemble du quatrième trimestre 2015 (baisse de -8,5 % du CA par rapport au même trimestre 2014), l’année 2015 se conclut par une baisse de 3,5 % pour la filière HCR (Hôtel, café, restaurant). Ce sont les résultats de l’Observatoire des hôteliers, restaurateurs, cafetiers et traiteurs réalisé par l’institut I+C, et publié par le GNI, le groupement national des indépendants hôtellerie & restauration.
En ce qui concerne l’activité restauration, elle voit son chiffre d’affaires baisser de 9,5 % en France et de 22,5 % en Ile-de-France au quatrième trimestre 2015 par rapport au même trimestre de 2014. Au final, l’année 2015 se termine sur une baisse de -4,5 % par rapport à 2014.

Raréfaction de la clientèle


Les débits de boisson font également face à une raréfaction de la clientèle : en France, les cafés-bars enregistrent un recul de 7 % et de 5,5 % dans les brasseries. L’impact est particulièrement ressenti dans la capitale avec un chiffre d’affaires, qui chute de 15 % au quatrième trimestre 2015 par rapport à celui de 2014.
Les hôteliers ne sont pas épargnés : au dernier trimestre de l’année 2015, la baisse de leur chiffre d’affaires atteint 7,5 % sur l’ensemble de la France et de 15,5 % en Ile-de-France.
Quant aux traiteurs, ils ont été confrontés à l’annulation de nombreux évènements, avec un CA en recul de 5 % comparé au quatrième trimestre 2014. Sur l’année 2015, la tendance est à -3 %.

Trésorerie fragilisée


En 2015, le redressement de la confiance des ménages, l’amélioration du climat des affaires et la multiplication des déplacements (avions, trains, voitures) constituaient des indicateurs d’une réelle sortie de crise, mais les attentats de novembre dernier ont porté un réel coup de frein à l’activité de ce secteur.
Conséquence : la trésorerie des professionnels se trouve très fragilisée en fin d’année 2015. Plus d’un tiers des intervenants de la restauration, de l’hôtellerie et des débits de boisson constatent une dégradation de leur bilan financier.

Nouvelles tendances d’hébergement


Pour le GNI, un autre facteur explique, au-delà de l’actualité tragique, les difficultés rencontrées par le secteur, à savoir l’économie dite collaborative. Malgré le nouveau record mondial de 85 millions de touristes étrangers accueillis en France en 2015, la fréquentation hôtelière connaît une baisse de 2 % par rapport à l’an dernier, tandis que les nouvelles tendances d’hébergement  sont en plein essor avec une augmentation de 25 % de la clientèle Airbnb au premier semestre 2015 par rapport au même trimestre de l’année 2014, selon des chiffres du ministère des Affaires étrangères.
Le boom de la fréquentation touristique n’a pas plus profité aux restaurateurs, qui ont vu leur fréquentation baisser.

Vers une régulation de l'économie collaborative ?


Pour le GNI, « il est urgent pour le gouvernement de s’atteler à la régulation de l’économie dite collaborative, qui aujourd’hui, n’est autre qu’une économie clandestine. Il faut rétablir une concurrence saine et équitable entre tous les acteurs de l’hébergement touristique. Avant qu’il ne soit trop tard, il faut que la loi « Pour une république numérique » renforce la régulation et la transparence des opérations sur les plateformes en ligne ».
 

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