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Ces commerçants qui ont réalisé leurs rêves

Par Sophie MENSIOR - Le 20 / 08 / 2007
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Ces commerçants qui ont réalisé leurs rêves Les raisons et les motivations de devenir commerçant sont multiples et variées. Pour certains, il s’agit de prendre la succession de papa ou maman qui a consacré sa vie à sa petite entreprise qu’il serait dommage de fermer ou de céder à un “étranger”. Pour d’autres, et même la majorité, ce choix résulte avant tout d’un profond désir d’indépendance et de liberté. Mais ils sont aussi nombreux à avoir toujours désiré, secrètement ou pas d’ailleurs, ouvrir leur boutique ou leur restaurant.

Reprendre un commerce constitue un moyen de gagner sa vie sans être à la solde d’un patron. Mais c’est aussi, pour beaucoup, la concrétisation d’un rêve d’enfance. Le commerce a cette faculté de fasciner les petits et les grands. “Je me suis accomplie dans le commerce, car j’ai l’impression de jouer à la marchande”, témoigne Emmanuelle Vallée, qui tient une librairie-jouets pour enfants à Nantes. Pour Pierre Creuzet, président de l’Institut du développement économique des cœurs de ville, l’amour du métier est presque indispensable : “Les horaires sont tellement contraignants et le travail si prenant qu’il faut vraiment l’aimer pour réussir.”

Je ne parviens pas à me dégager un salaire aujourd’hui, avoue Fabienne, propriétaire d’une boutique de fleurs à Bayonne. J’espère la rentabilité pour plus tard. Mais c’est la passion qui me permet de tenir. Et puis l’indépendance et la liberté n’ont pas de prix !” C’est en voyant son père s’accomplir dans la restauration que Sébastien Rochat a compris la magie du métier : “Je l’ai vu s’épanouir en tant que restaurateur, se souvient-il. Il avait su créer un véritable esprit de famille dans son établissement au point que les clients sont progressivement devenus des amis.” Cette atmosphère ne le quittera plus : “Je voyais ça comme un jeu où l’on rigole avec les clients, où l’on reçoit tout le temps du monde, explique-t-il. Le métier de restaurateur, c’est recevoir des gens chez soi et leur faire découvrir ce que l’on fait. C’est dommage qu’on ne l’apprenne pas à l’école.”

La passion ne suffit pas

Ces commerçants qui ont réalisé leurs rêves

Sébastien marche sur les pas de son père en devenant, à son tour, restaurateur à Saint-Germain-en-Laye. Sauter le pas à 24 ans peut néanmoins paraître un peu prématuré. Pour lui, c’était une évidence : “C’était presque logique car je me suis toujours senti responsable. J’ai toujours pensé qu’il fallait que je sois patron, affirme-t-il. Et puis en tant que fils de commerçant, on se sent impliqué, indirectement, dans les responsabilités du commerce. On évoque ce sujet tous les soirs à table.”

Pour d’autres, le commerce est comme une drogue. Michel Dervaux, qui a racheté sur Lille une brasserie, Aux arts, souffre d’une boulimie d’entreprendre : “Je voulais être libre, faire ce que j’aimais et travailler pour moi, explique-t-il. Quand tu travailles bien, tu obtiens des résultats que tu peux constater directement. A l’inverse, si tu te plantes, c’est de ta faute. C’est cette indépendance qui me plaît.”

Désirer ardemment devenir commerçant peut cependant occasionner des comportements candides, bien éloignés de la réalité. Idéaliser le métier de commerçant est l’écueil le plus répandu. La passion confère une motivation indéniable mais peut aussi s’avérer dangereuse si elle oblitère la réalité des choses. Pour Pierre Creuzet, il est nécessaire de se former : “Il y a des individus qui ont vraiment du talent. Mais il y a des techniques qui s’apprennent, avertit-il. On ne dit pas, par exemple, “ça sera tout” mais “avec ceci”. J’ai vu des commerçants qui avaient de l’or dans leurs mains, mais qui ont échoué car ils n’étaient pas de bons gestionnaires.”

Il ne suffit pas d’être passionné. L’erreur est de négliger l’aspect commercial : vendre un produit, négocier avec les fournisseurs, gérer la comptabilité, manager du personnel sont des choses qui s’apprennent. Les mieux armés pour franchir le pas sont peut-être ceux qui ont accumulé une grande expérience avant de tenter l’aventure en solo. Mais si les connaissances sont nécessaires dans l’artisanat, on peut envisager de devenir commerçant sans pour autant détenir un savoir particulier. L’envie, la volonté et les idées suppléent parfois très bien l’absence de compétences spécialisées.

Nombreux sont ceux qui considèrent que le succès d’un commerce repose sur la personnalité du commerçant : “L’image du restaurant, c’est le patron, juge Sébastien Rochat. Il est le seul responsable. Quand on sait qu’il est primordial que le client ne perde pas confiance en vous, vous imaginez à quel point vous êtes le garant de la crédibilité de votre établissement. Dans la restauration, ça passe par un service, une hygiène et une qualité impeccables. Je considère que tous mes clients sont des rois. Il n’y a rien de pire qu’un client mécontent et je suis le plus heureux des hommes quand tout le monde est ravi.

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