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Commerces de proximité : les nouveaux défis

Commerces de proximité : les nouveaux défis

Même si la proximité est dans l’air du temps-, la grande distribution lance ses propres concepts-, les commerçants se trouvent confrontés à un certain nombre de challenges. Tout d’abord pouvoir rester sur les bons emplacements. Ensuite trouver du personnel, qui accepte les horaires que certains métiers nécessitent. Dans le même temps, ils doivent apprendre à maîtriser les nouvelles technologies. Enfin, plus que jamais ils devront apporter des services à leurs clients.

Par Sophie MENSIOR - le 05/07/10
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Boulangeries, boucheries, poissonneries, pharmacies, tabacs, librairies…le commerce de proximité se compose de magasins, dits de « quotidienneté », c'est-à-dire dans lesquels le consommateur se rend fréquemment, voire quotidiennement. S’il a souffert de l’avènement des grandes surfaces dans les années 1970-1980, la situation évolue aujourd’hui et il semble que les consommateurs recherchent à nouveau la proximité. " La lutte contre les grandes surfaces n’est plus le vrai enjeu. Ce n’est plus la menace qu’on a connue autrefois, la périphérie commence à souffrir’, estime Jean-Luc Pinson, directeur de la prospective et du développement du Cefac.
Pour tirer leur épingle du jeu, les commerçants devront répondre à de nouveaux défis. A commencer par le premier : l’immobilier, c'est-à-dire le coût global d’occupation des locaux. « Il est difficile pour eux de garder les emplacements intéressants dans les villes », estime Jean-Luc Pinson. 
Le deuxième défi auxquels ils sont confrontés est la gestion du personnel. « Leur organisation actuelle est difficilement compatible avec les aspirations des jeunes gens », constate-t-il.
S’adapter aux nouveaux horaires d’ouverture constitue également un challenge. C'est-à-dire avoir la capacité de s’adapter aux nouvelles habitudes de consommation. Difficile d’être ouvert de 7 h à 23 h quand on est un petit commerçant et que l’on travaille en couple.
Enfin le dernier défi concerne les circuits d’approvisionnement, qui ont tendance à se raccourcir pour privilégier les produits locaux.

Si l’urbanisme commercial est une préoccupation pour les commerçants de proximité, ils doivent aussi tenir compte des m² virtuels, c'est-à-dire de leur présence sur Internet. Aujourd’hui, il ne leur suffit plus de figurer dans les Pages Jaunes, ils doivent aller sur le Web. Ils pourront dans un premier temps se doter d’un site vitrine, qui leur permettra de présenter leur offre, et pourquoi pas dans un deuxième temps, se mettre à la vente en ligne.
Se lancer sur Internet sera plus simple à aborder de façon collective, à travers un site d’unions locales de commerçants et d’artisans. Etre groupé permettra de mutualiser les frais car c’est bien souvent le coût de l’investissement qui constitue un frein. « Internet peut permettre au commerçant de diffuser des offres promotionnelles », estime de son côté Damien Grimonprez, créateur de la société Adwizmi. 
Pour fidéliser leurs clients, les commerces ne devront pas hésiter à leur proposer différentes prestations : chèques cadeaux, tickets de parking, service de livraison à domicile… Ainsi la ville de Montrouge, ville pionnière en matière d’animation et de dynamisation, favorise ce type de service. « Depuis 2001, nous effectuons 8 000 livraisons par an », indique Marcel Valin, manager de centre-ville. La commune des Hauts de Seine propose également un service de conciergerie d’entreprises, une opération pilote mise en place avec TNS Sofres. Un service qu’elle compte professionnaliser avec l’arrivée du siège social du Crédit Agricole.

Maîtriser les nouvelles technologies

Au delà des m² physiques, les commerçants de proximité doivent investir les m² virtuels, c'est-à-dire être présent sur Internet. Cette démarche sera plus simple à aborder de façon collective, pour des raisons de coût et d’efficacité. 
 
Si l’urbanisme commercial est une préoccupation pour les commerçants de proximité, ils doivent aussi tenir compte des m² virtuels, c'est-à-dire de leur précense sur Internet. Aujourd’hui, il ne leur suffit plus de figurer dans les Pages Jaunes, ils doivent aller sur le Web. « Pour les commerçants indépendants, il s’agit d’un véritable défi de communication », indique Jean-Luc Pinson, directeur de la prospective et du développement du Cefac. Ils pourront dans un premier temps se doter d’un site vitrine, qui leur permettra de présenter leur offre, et pourquoi pas dans un deuxième temps, se mettre à la vente en ligne.
Commerce : maitriser les nouvelles technologies
Ainsi Christophe Bertrand, qui a repris une boutique de chocolats à Meudon, propose d’acheter à distance sa gamme de chocolats. « Avoir un site Internet, c’est majeur car cela permet d’avoir de la visibilité et de diffuser des informations régulières  sur votre activité.  Faire de la vente en ligne, c’est beaucoup plus difficile, car c’est un autre métier », indique le chocolatier. «Je déconseille d’investir dans l’achat de mots-clés. Si l’on dépense 3 à 4000 euros dans ce poste, cela ne donnera rien. Il faut investir des sommes beaucoup plus importantes, or à l’échelle d’un petit commerce, c’est difficile », ajoute le chocolatier, qui déconseille également l’achat de fichiers. Pour améliorer son référencement, il préfère la diffusion de liens sur des blogs spécialisés dans son domaine.

Cette démarche n’est pas forcément évidente pour les indépendants, qui n’osent pas se lancer seuls ou qui n’ont tout simplement pas le temps de se consacrer à cette nouvelle activité. En outre, il leur faudra penser à la mise à jour régulière du site, ce qui n’est pas toujours facile. Sauf pour les jeunes générations, qui ont l’habitude de manier Internet.

Nancy à l’heure de la géo-localisation

Bien souvent, les consommateurs ne connaissent pas l’étendue de l’offre du centre-ville. «  Nous avons voulu recenser celle du commerce de la ville de Nancy, -toutes les enseignes, toutes les marques, et tous les produits-, et qu’on puisse y accéder par Internet  », indique Jean-Pierre Lehmann, président de l’association Les Vitrines de Nancy, et porteur du projet « Shop’ In Nancy ».

Ainsi une base de données volumineuse, qui recense plus de 800 commerçants, a été montée. Labellisée par l’association, elle est consultable sur le Web, mais aussi disponible sur les Smartphones et bientôt sous forme d’une application pour I Phone. Originalité de la démarche : une recherche, qui  va jusqu’au niveau des produits et un service de géo-localisation. Un itinéraire pour accéder au magasin à pied ou en voiture est proposé. « Il s’agit d’un outil innovant qui permet aux commerces de proximité de se faire connaître », commente Jean-Pierre Lehmann. Celui-ci est mis à leur disposition gratuitement. Pour les consommateurs, cet outil doit faciliter leurs achats.

 « La difficulté est de remplir la base de données et de la mettre à jour », indique Jean-Pierre Lehmann, qui a affecté un collaborateur des Vitrines de Nancy à cette mission « Toutes les associations n’ont pas forcément les moyens de le faire », reconnait-t-il, conscient de la charge de travail que cela représente. D’autres villes de France seraient prêtes adopter ce dispositif.