Cession Commerce

Ils ont réussi dans le commerce

Par Sophie MENSIOR - Le 17 / 12 / 2007
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Devenir commerçant, même dans le cas d’une reprise de fonds, ne s’improvise pas. Les raisons de se lancer sont nombreuses et variées : prendre la succession de papa ou maman, de son patron qui part en retraite, désir de s’affranchir d’une tutelle hiérarchique, s’extirper d’une période de chômage. Dans un contexte général qui n’incite pas au plus grand optimisme, nombreux sont pourtant les commerçants à avoir réussi. Qu’ils soient fromager, libraire, restaurateur ou vendeur d’électroménager, qu’ils travaillent seuls ou en équipe, avec ou sans publicité, ils sont tous parvenus à pérenniser et à faire fructifier leur affaire.

Antienne rabâchée à longueur de journée, les temps ont changé pour le commerce traditionnel. Il est devenu tellement fréquent d’entendre des détaillants se plaindre que l’on en viendrait presque à penser qu’il n’est plus possible d’en vivre correctement. Loin s’en faut, en réalité.

Certes, le commerce réclame plus de professionnalisme. Jadis, il suffisait de proposer des produits de qualité pour prospérer : reprendre un fonds était alors assimilé à un investissement rentier. L’avènement de la grande distribution et des nouvelles formes de concurrence a profondément chamboulé le quotidien de nos commerçants hexagonaux.

Tous n’ont pas réagi de la même manière à cette nouvelle donne. Les plus réfractaires à la modernisation de leurs points de vente ont fait long feu. Les autres, conscients de la nécessité de s’adapter et de se remettre en cause, ont franchi l’obstacle. Péniblement pour certains. Avec brio pour les plus audacieux. À l’image de Philippe Olivier, maître affineur fromager.

Rien laisser au hasard

Comprenant très vite la nécessité de se positionner différemment de la concurrence, il décide  de se spécialiser dans les fromages fermiers, artisanaux. Il prend son bâton de pèlerin et entame un tour de France des petits producteurs en s’appuyant sur le réseau constitué par le compagnonnage : “Mon objectif était de créer une fromagerie à l’esprit familial, témoigne-t-il. Il était donc fondamental de fonder mes rapports sur la confiance, l’équité et le profit réciproque.”

Une exigence vis-à-vis des produits commercialisés pas toujours facile à mettre en place. Jean-Pierre Leroche, installé à Pontoise en région parisienne, en a fait l’expérience. À l’instar de Philippe Olivier, il sillonne notre beau pays à la recherche de trouvailles gastronomiques. Très vite, il s’aperçoit de la complexité de sa démarche : “Les frais de transport ayant considérablement augmentés, il est de plus en plus difficile de faire venir des cabécous du Sud-Ouest”, développe-t-il. Pas question néanmoins de renier son choix. Pour contourner l’obstacle, il décide de créer un groupement avec quelques amis fromagers.

Lorsqu’il décide de réinvestir la boucherie de Colombes fermée 4 ans auparavant par le service de l’Hygiène, Joël Lucy sait qu’il faut que la qualité soit irréprochable pour avoir une chance de réussir. Il décide d’acheter des terres en Eure-et-Loir pour y faire de l’élevage. Même s’il n’est pas sans contrainte, puisqu’il doit se rendre tous les week-end en Province pour s’occuper de son troupeau de 35 têtes, ce fonctionnement présente des avantages : “C’est un argument commercial très fort, reconnaît-il. Au moment de la “vache folle”, nous avons récupéré beaucoup de clients grâce à ça. Et puis c’est un plaisir d’élever les animaux que vous vendez par la suite.”

Travail, passion et imagination s’avèrent être les véritables recettes du succès dans le commerce. Aujourd’hui, peut-être encore davantage qu’hier, de formidables opportunités existent pour ceux qui parviennent à allier ces trois composantes. À une époque où les chalands ont plus que jamais besoin d’être chouchoutés, les commerçants indépendants disposent d’indéniables atouts.

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