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Installer son commerce en rue piétonne

Par Sophie MENSIOR - Le 23 / 04 / 2007
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Installer son commerce en rue piétonne La plupart des cités se sont mises à la piétonisation de leurs centres. Mais si tout le monde reconnaît le bien-fondé de cette politique d’un point de vue environnemental, les divergences apparaissent lorsqu’il s’agit d’en mesurer les conséquences sur le commerce urbain. La transformation d’une rue traditionnelle en rue piétonne change, en effet, profondément la donne. Certains produits n’y sont pas adaptés tandis que des règles sont à respecter pour réussir dans ces lieux.

Pour répondre à la désaffection, partielle, des consommateurs à l’égard des centres-villes, les pouvoirs publics mènent, depuis le début des années 90, une politique volontariste de piétonisation qui vise notamment à y fluidifier le trafic.

Strasbourg, Nantes, Montpellier et bien d’autres s’engagent ainsi dans la voie piétonne…tout en développant, en parallèle, des réseaux de transports en commun, tramway, métro ou bus en sites propres. Le pari est alors ambitieux : inciter les chalands à laisser leurs voitures dans les parkings extérieurs pour venir faire leurs courses en utilisant les modes de déplacement cités précédemment.

La réalisation poursuit plusieurs objectifs, dont celui de redonner aux piétons la pleine utilisation des rues concernées. Le commerçant est au centre de toutes les attentions. Ces mesures visent à leur permettre de pratiquer leur activité dans des conditions optimales à la fois sur le plan logistique-notamment les livraisons-et commercial-confort d’achat de la clientèle. L’objectif avoué est donc de créer des quartiers attrayants où il est agréable de se promener.

Mais le défi est de taille puisqu’il s’agit de rendre les cœurs de ville aux piétons sans donner l’impression que la voiture y soit persona non grata. Rien n’empêche, en effet, les commerçants de continuer à croire en l’adage né dans les années 70 « No parking, No business ». Beaucoup n’imaginent pas du commerce sans une possibilité de stationnement. Il convient de se renseigner sur les dispositifs mis en place par la collectivité en termes de parkings ou d’emplacements réservés à la livraison.

Soigner l'accueil

Installer son commerce en rue piétonne

S’installer en zone piétonne requiert donc une expertise précise de l’environnement dans lequel vous souhaitez reprendre l’affaire convoitée. A commencer par l’emplacement. Ce qui est vrai dans la majorité des cas l’est encore davantage lorsque la boutique que vous souhaitez acquérir se trouve en zone piétonne : "Certains types de commerces ne correspondent pas à la piétonisation, met en garde Pierre Creuzet, président de l’Institut du développement économique des cœurs de ville. Il manque parfois de la densité ou de la mixité pour qu’ils prospèrent".

Reste que la rue piétonne a l’avantage de libérer totalement l’espace au seul profit des piétons et des commerces : "Les gens veulent de la campagne dans la ville, confirme Jean-Pierre Lehmann, président de la Fédération nationale des centres-villes. Une ville calme, non polluée par le bruit, ni par les pots d’échappement". Mais le repreneur doit avant tout s’intéresser au dynamisme de la zone dans laquelle il envisage de s’installer.

Il ne faut pas surestimer la zone de chalandise. Un plateau piétonnier est préférable à une seule rue isolée.  Il est également essentiel qu’une, ou plusieurs, locomotives soient déjà présentes dans la rue : "Il faut se servir des enseignes pour attirer le chaland et développer des rues à thème alimentaires ou adjacentes aux artères principales. La densité de commerces est indispensable" précise Pierre Creuzet.

Il faut aussi soigner sa boutique, avec des vitrines attrayantes et renouvelées, l’accueil et les services. Le client n’est pas là nécessairement pour acheter mais avant tout pour regarder. Il faut donc se tenir prêt à le conseiller sans pour autant qu’il ait l’impression d’être traqué. Les horaires d’ouverture doivent être, en sus, adaptés à ses attentes : trop de commerçants ferment encore leurs boutiques entre 12h00 et 14h00, moment de la journée où les salariés peuvent profiter de leur pause déjeuner pour se balader et effectuer des achats.

Reste le produit : il faut qu’il soit facile à transporter pour pouvoir être vendu en zone piétonne. Les magasins d’équipement de la maison, particulièrement d’ameublement, risquent d’être pénalisés.

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