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Le retour des chalands au centre ville

Par Sophie MENSIOR - Le 14 / 01 / 2008
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Le retour des chalands au centre ville Après deux décennies de développement exponentiel, le commerce de périphérie semble marquer le pas. Principal bénéficiaire de ce nouvel équilibre, fragile, qui semble se dessiner : le centre-ville. Les consommateurs, lassés par la déshumanisation qui caractérise les grandes surfaces, manifestent un regain d’intérêt pour le commerce de proximité. Aidé par l’émergence des enseignes nationales qui ont contribué à dynamiser les cœurs de ville, le centre répond aux préoccupations des chalands : accueil, disponibilité, services, reconnaissance...

Jusqu’à ces dernières décennies, l’activité commerciale était une activité spontanée et naturelle des centres-villes. L’arrivée des modes nouveaux de consommation issus de la grande distribution a changé cette donnée. De nouvelles habitudes de chalandise, centrées sur l’abondance des produits offerts, se sont développées à la périphérie.

“C’était la mise en place de la société de consommation, extraordinaire pour les clients, avec la généralisation des réfrigérateurs, congélateurs, l’apparition des produits sous-vide, analyse Pierre Creuzet, président de l’Institut du développement économique des cœurs de villes. Cette révolution s’est effectuée au détriment du commerce de proximité qui a, alors, présenté de moins en moins d’intérêt.”

Longtemps inertes, les maires réagissent enfin au début des années 90. La création du FISAC  – Fonds d’intervention pour les services, l’artisanat et le commerce –, en 1995, a favorisé la réhabilitation des cœurs de villes devenus l’objet de toutes les attentions. Ravalement de façades, valorisation du patrimoine historique, création d’espaces verts, réfection de la voirie ont notamment contribué à embellir les centres.

La complémentarité de l'indépendant

Le retour des chalands au centre ville

Des initiatives qui ont trouvé un écho favorable auprès des consommateurs : “Le chaland, sevré par l’excès de gigantisme qui a fait le succès de la GMS, souffre de l’anonymat, analyse Pierre Creuzet. Les crises alimentaires, particulièrement celle de la “vache folle”, l’ont rendu plus vigilant sur le contenu de son assiette. Il est aujourd’hui demandeur de qualité, mais aussi de dialogue, de confiance et de proximité.

Après avoir accusé une baisse continue de sa population, le centre-ville a, en outre, regagné des habitants. Un résultat obtenu grâce aux politiques de réhabilitation ou de construction menées depuis 15 ans visant à réintroduire du pouvoir d’achat dans les espaces urbains qui avaient tendance à n’être plus habités que par des jeunes ou des personnes âgées, soit des profils sans budget pour consommer.

Un vieillissement qui n'est pourtant pas un désavantage pour les centres-villes. C’est là que l’on y trouve les lieux de santé, de culture, comme les cinémas ou les musées, et le monde associatif. Les personnes âgées voulant rester autonomes le plus longtemps possible, les hypermarchés, massés en périphérie, ne leur sont pas adaptés. À l’inverse, les moyennes surfaces urbaines ont su les séduire en développant des services, comme la livraison à domicile, qui correspond aux attentes des aînés.

Le succès du commerce urbain attire à nouveau les convoitises des succursalistes, de la grande distribution, mais aussi des hypermarchés bien décidés à contre-attaquer en s’inspirant d’ailleurs des recettes de la proximité. Mais la sempiternelle opposition entre David et Goliath a peut-être vécu. Les cœurs de villes ont désormais besoin d’attractivité que les grands magasins peuvent offrir. L’indépendant doit, par conséquent, s’adapter et proposer une offre complémentaire.

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