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Reprendre un commerce en couple

Par Sophie MENSIOR - Le 30 / 05 / 2008
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Reprendre un commerce en couple Il est tentant de se lancer avec son épouse ou son compagnon. Reste que les questions à se poser sont nombreuses. Certaines relèvent de la pure rationalité, comme la préservation du patrimoine familial, ou la protection sociale et fiscale du conjoint si vous décidez de choisir un statut. D’autres sont plus personnelles, voire intimes. Il convient de savoir, dès lors, quelles sont les raisons profondes qui motivent ce choix.

Nombreux sont les commerçants à avoir choisi de travailler avec leur conjoint. Reste que l’alchimie, perceptible par le client, n’est pas toujours facile à obtenir. La question essentielle est de savoir si c’est un atout, ou au contraire une source de tensions, de travailler avec l’être aimé. Il est important de mesurer l’engagement : en choisissant de vous lancer ensemble, vous vous apprêtez à passer tout votre temps avec votre conjoint.

Souvent, les deux protagonistes exerçaient une activité salariée, garantissant au foyer deux rentrées d’argent. En mutualisant leurs savoirs et énergies autour d’un seul projet, ils prennent le risque de tout miser sur l’affaire rachetée. Pour Hélène Vennettilli, juriste en droit social à la CCIP, il convient d’être prudent : “Il faut savoir qu’il n’y a pas forcément de rentrées financières immédiates quand on reprend une activité. C’est peut-être plus prudent de conserver une activité salariée sur les deux pour subvenir aux besoins du foyer. Un échec peut être lourd de conséquences.

Reprendre un commerce en couple

Il s'agit, en outre, pour les tourtereaux de songer à préserver leur patrimoine, en cas de décès, séparation ou faillite, surtout s’ils se sont déjà juré fidélité devant Monsieur le maire. Trop d’époux optent encore pour le régime matrimonial de la communauté alors que c’est le régime de la séparation de biens qui convient au couple commerçant pour que les biens personnels ne soient pas saisissables.

Il convient également de savoir comment le couple a l’intention de procéder. Pendant longtemps, les conjoints, essentiellement des femmes, travaillaient de manière non officielle dans l’entreprise. Depuis le 4 août 2006, l’époux participant de manière régulière à une activité professionnelle doit être déclaré sous l’un des statuts suivants : conjoint associé, salarié ou collaborateur. Avec ce dernier statut, le conjoint cotise pour les droits personnels à la retraite.

Pour mettre toutes les chances de son côté, il est préférable d’avoir bien balisé le champ d’intervention de chacun dans un respect et une compréhension mutuels. Les rôles doivent être très bien répartis : “La pire des choses est d’être deux pour réaliser la même mission”, prévient Yves-Pierre Fouchet, avocat.

L'autre écueil majeur, qu’il faut à tout prix éviter, est de laisser les tracas inhérents à l’activité envahir la sphère privée. Idéalement, il ne faudrait pas aborder le business à la maison, de même que les affaires de famille devraient s’arrêter sitôt la porte du magasin franchie. Plus facile à dire qu'à faire…

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