Cession Commerce

Reprendre un commerce : Seul ou en couple ? Ville ou campagne ?

Par Sophie MENSIOR - Le 10 / 05 / 2010
Suivre sur Twitter

Sommaire

Plusieurs types de couples

En matière de couple professionnel, différents cas de figures existent.

Première catégorie : l’un travaille dans l’affaire, et l’autre n’y est pas impliqué du tout, c'est-à-dire qu’il n’y travaille pas et ne prodigue aucun accompagnement. Dans ce contexte, il ne comprendra  pas que la rémunération du dirigeant puisse être variable. « C’est une catégorie un peu embêtante et compliquée, car le dirigeant est le seul à gérer les problèmes, notamment les sorties d’argent, surtout en début d’activité », commente Cyrille Pineau, expert-comptable associé au cabinet Strego.

Deuxième catégorie : le conjoint n’a pas de statut dans l’affaire (soit il est salarié dans une autre structure, soit il reste à la maison) mais il accompagne son partenaire, le chef d’entreprise, dans l’administratif, la gestion des papiers….il est donc au courant des chiffres. « En tant qu’expert-comptable, j’ai deux interlocuteurs, deux visions de l’entreprise. Le conjoint prend en charge les papiers, et le dirigeant se consacre à la stratégie. C’est cette catégorie qui fonctionne le mieux », estime l’expert-comptable. Une formule qui s’avère idéale dans certaines activités, comme la restauration (pour la saisie de la comptabilité, la déclaration de TVA…),  l’artisanat  (pour les courriers aux clients, les devis, suivi de la trésorerie…)

Troisième catégorie : les deux membres du couple travaillent dans l’entreprise et ne font que cela. Peu importe le statut : Monsieur est gérant et Madame le salarié, ou alors les deux sont-co-gérants, ou Monsieur est en entreprise individuelle et Madame en conjoint collaborateur. Dans ce cas, l’entreprise est un bien commun, les deux partenaires vont dans la même direction, et les tâches sont bien reparties naturellement. «Quant tout va bien, la complémentarité est réelle et efficace. Souvent, ce qui fonctionne le mieux, c’est lorsque le couple a mis l’entreprise en position numéro 1, par rapport à la famille, aux enfants et aux amis », commente Cyrille Pineau.

Les problèmes vont subvenir quand le couple n’est pas d’accord sur le positionnement de l’entreprise, quand les tâches ne sont pas bien réparties et quand le couple est défaillant. « C’est très fréquent dans la restauration, car c’est un métier usant. Quand le couple ne s’entend pas, cela se voit tout de suite sur le chiffre d’affaires, les clients le sentent. Cette situation  peut se rencontrer également dans les bars-tabacs et les boulangeries », indique l’expert-comptable.

Et que faire quand le couple ne marche plus ? Il est important de trouver une solution rapidement. Quand l’entreprise appartient au couple et qu’il se sépare, l’un des deux n’a pas toujours les moyens de racheter la part de l’autre. La solution est alors de la vendre ou de recourir au crédit-vendeur, ce qui peut se révéler compliqué. « Dans les commerces, quand la situation se détériore, il vaut mieux s’arranger pour vendre le fonds avant la séparation. Une fois la vente effectuée, les membres du couple se partagent ensuite l’argent », mentionne Cyrille Pineau. Une solution extrême, qu’il faudra pouvoir éviter dans la mesure du possible…

< Retour à la liste

Ces pages pourraient vous intéresser :

>Actualité
Magazine l'argus des commerces et des entreprises