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Reprendre une affaire artisanale

Par Sophie MENSIOR - Le 11 / 04 / 2007
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Reprendre une affaire artisanale Avec 850 000 établissements recensés, l'artisanat représente aujourd'hui en France une entreprise sur trois, et emploie 12% de la population active dans 250 métiers spécialisés. Les affaires en bonne santé financière à reprendre sont légion. Mais les repreneurs ne se bousculent pas au portillon. Les raisons ? Elles sont nombreuses. De la difficulté à évaluer l'affaire convoitée à la pénibilité du travail, en passant par la complexité du montage financier, les candidats font parfois machine arrière avant même d'avoir tenté le coup.

Même si le nombre de reprises d'artisanales a augmenté de 12,5% entre 2003 et 2004, l'écart entre le nombre d'affaires viables à reprendre chaque année et le nombre de transactions enregistrées demeure trop important. Dans les 10 prochaines années, c'est 500 000 entreprises qui sont concernées.

Les possibilités sont pourtant nombreuses, notamment pour les salariés de l'entreprise qui constituent un gisement important de repreneurs potentiels activables rapidement. Ils détiennent le savoir-faire et les techniques indispensables, l'expérience et la connaissance de l'entreprise, de son marché, des clients et des fournisseurs, facteurs de pérennisation.

Mais ils ne sont pas les seuls repreneurs potentiels ! La majorité des affaires vendues (56%) le sont à des entrepreneurs extérieurs, non professionnels, notamment dans le bâtiment (puisque l'une des particularités est qu'il n'est pas soumis à qualification), mais compétents dans la gestion et le commercial : ils reprennent l'entreprise avec les salariés, garants du savoir technique.

Reprendre une affaire artisanale

Encore faut-il bien évaluer l’affaire convoitée. Les critères se révèlent différents d’un commerce. Mis à part pour les métiers de l’alimentaire, l’emplacement n’est plus la règle d’or. C’est donc la clientèle qui est souvent l’élément fondamental. Lorsque l’on vend une activité, c’est un portefeuille de clientèle que l’on cède. Mais est-elle pour autant acquise ? Les commandes courant souvent sur plusieurs mois, il faut donc étudier avec minutie les contrats signés avec les partenaires.

Le personnel est la seconde garantie de votre investissement
. Les travailleurs dans l’artisanat n’étant pas des tire-au-flanc, il est donc vivement conseillé, si votre prédécesseur ne travaillait pas seul, de tout faire pour reprendre les collaborateurs de l’ancien propriétaire. Surtout vu les difficultés pour trouver de la main d’œuvre de qualité.

Racheter une affaire tout en conservant le personnel présente, par ailleurs, un autre avantage. Il permet en effet de minimiser les risques de concurrence par d’anciens salariés. Alors sans renverser le rapport de forces, il est plus prudent de chercher à s’adapter et de comprendre la manière de travailler des gens déjà en place, plutôt que de tout chambouler.

Le matériel rentre également en ligne de compte. Bien sûr, celui-ci varie selon les professions. Dans la mécanique et le travail des métaux ou du bois, il peut représenter un lourd investissement. La conformité doit également faire l’objet d’une attention toute particulière : le non-respect des règles environnementales et de sécurité rend certains fonds artisanaux invendables.

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