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Reprendre une entreprise commerciale : avec quel personnel ?

Par Sophie MENSIOR - Le 11 / 07 / 2006
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Reprendre une entreprise commerciale : avec quel personnel ? Il devient de plus en plus difficile pour les indépendants de réussir sans l’appui et le concours d’employés efficaces et motivés. A l’heure où une frange grandissante de la clientèle boude les rayonnages sans âme des grandes surfaces, il convient de proposer un accueil de qualité servi par un personnel attentionné

Tous les experts s’accordent à reconnaître que le commerce de proximité semble retrouver les faveurs du consommateur. Proximité, disponibilité et qualité sont les trois qualités qui font la force de l’indépendant. Un triptyque qui suppose de ne pas crouler sous les tâches.

Mais embaucher, en France, ne fait pas partie des choses les plus aisées. Dans notre pays, 2 entreprises sur 3 n’emploient pas de salariés : "Les hésitations sont essentiellement financières, estime Emilie Vasseur, conseillère à la CCIP. Pourtant, les commerçants en ressentent de plus en plus le besoin ".

Avant de parler de recrutement, il convient de se soucier, dans le cadre d’une reprise de fonds, de l’existant. Les textes sont clairs. L’article L 122.12 précise que tous les salariés sont attachés au fonds. Certains s’arrangent pour contourner la loi : "Parfois, le repreneur négocie, dans le prix d’achat, les coûts de licenciement" indique Joël Lopez, expert-comptable et commissaire aux comptes. Pour Serge Almerasse, représentant de l’artisanat au Conseil économique et social, le risque existe de perdre une partie de sa clientèle en changeant le personnel : "C’est la jointure entre l’existant et le virtuel : il faut que l'âme perdure".

Reprendre une entreprise commerciale : avec quel personnel ?

Le qualité du produit ou de la prestation ne serait donc pas suffisante ? "Le personnel qui vend en boulangerie fait 60% de la réussite d’une affaire, avance-t-il.. Tout ce qui touche au contact client est au moins aussi important que le produit". De la taille de l’entreprise dépendent également les besoins en main d’œuvre : "On ne peut pas dire que l’on a de l’ambition et faire l’impasse là-dessus. Dès que l’affaire devient importante, il faut du service client et donc une amplitude dans les horaires d’ouverture" précise Jean-Paul Debeuret, conseiller de Forces, spécialisé dans la création et la reprise d’entreprises.

Un excellent employé fait bien souvent la différence et constitue, par lui-même, un véritable avantage concurrentiel : "C’est la vitrine de l’entreprise, rappelle Emilie Vasseur. On ne peut pas construire et développer son affaire si l’on ne peut pas déléguer, et donc avoir confiance en son personnel".

Recruter, c’est prendre des risques. Celui de laisser échapper un bon candidat ou de faire un mauvais choix et de s’en apercevoir trop tard. Mais l’acte résulte d’un long processus. Face à la pénurie d’ « employés modèles », la prudence est de mise : "Il ne faut surtout pas se presser, prévient Emilie Vasseur. Il vaut mieux être en sous-effectif pendant les première semaines, voire quelques mois, plutôt que recruter la mauvaise personne".

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