Cession Commerce

Réussir la reprise d'un fonds de commerce

Par Sophie MENSIOR - Le 19 / 01 / 2009
Suivre sur Twitter

Sommaire

Comment évaluer l’affaire

L’évaluation est une étape délicate, qui ne s’improvise pas. Dans ce domaine, il est vivement conseillé de faire appel à des spécialistes. Différentes méthodes sont possibles, chacune ayant leur particularité.
 
Une fois que vous avez repéré un commerce ou une affaire artisanale qui correspond à vos critères de choix, il reste à passer à l’étape suivante, celle de son évaluation. Ce qui permettra d’établir des bases de discussion pour la fixation du prix, auquel pourra se conclure la transaction. Sachant que le cédant pense souvent qu’il a vendu à un prix pas assez élevé et que le repreneur estime généralement qu’il a racheté trop cher…

Il n’existe pas de méthode globale d’évaluation, mais plutôt différentes familles d’analyses, qui ont chacune leurs caractéristiques. Trois méthodes sont généralement recensées : patrimoniales, comparatives (barèmes) et de rentabilité.

Les méthodes dites patrimoniales visent à évaluer les actifs de l’entreprise et à en soustraire la valeur de ses dettes pour en obtenir l’actif net. Si elles constituent une bonne référence pour encadrer le prix, il s’agit de méthodes statiques qui n’intègrent pas la notion de rentabilité.

En ce qui concerne les méthodes comparatives, la plus connue dans l’univers du commerce est celle publiée dans le Mémento Pratique Fiscal  par les Editions Francis Lefebvre, qui donne une côte officielle pour différents secteurs d’activité. Elle s’appuie sur les chiffres d’affaires TTC des 3 dernières années. « Les commerçants sont habitués à se référer à ce barème, qui a le mérite d’exister mais qui n’est pas totalement représentatif d’une situation », estime Bran Billand-Pellet, chargé de coordination et de développement, création-transmission à la Chambre de commerce et d’industrie de Paris (CCIP). Pour les repreneurs, ce barème, simple d’utilisation, ne fait que traduire une fourchette basse et une fourchette haute des transactions réalisées sur un secteur donné. Il est conseillé de la compléter avec d’autres analyses.

Un travail de spécialistes

Il est vivement conseillé de se faire aider par des experts pour l’évaluation de l’entreprise. Les différentes se faire aiderméthodes étant d’un maniement complexe, leur application par un non-spécialiste peut vite induire en erreur. « Une évaluation sérieuse, cela se paye. Cela ne sera pas de l’argent mis par les fenêtres », affirme Yannick Hoche (APCE). En demandant un travail par écrit, le commerçant se protège des mauvais traitements que pourrait lui infliger le marché. En outre, cela permet de poser clairement le contexte de la responsabilité des uns et des autres

Pour le chargé de coordination et de développement, création-transmission à la CCIP, Bran Billand-Pellet, « une valorisation doit être effectuée par un expert en évaluation auprès de la Cour d’Appel ». Celui-ci va donner au tribunal la valeur du fonds, sachant que le repreneur et le cédant n’ont pas une vision objective de l’affaire. Celle de l’expert peut permettre d’aboutir à un accord entre les deux parties.

De façon plus générale, les aides sont à rechercher du côté des réseaux d’accompagnement et de formation tels que les Chambres de commerce et d’industrie, les Chambres des Métiers et de l’Artisanat…mais aussi vers des conseils spécialisés : notaires, experts-comptables, agents immobiliers…Il existe aussi des services d’évaluation sur Internet, mais la qualité de leur travail dépendra de la qualité des informations fournies au départ et leur analyse restera, en tout état de cause, assez théorique.

< Retour à la liste

Ces pages pourraient vous intéresser :

>Actualité
Magazine l'argus des commerces et des entreprises