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Trouver un financement

Par Sophie MENSIOR - Le 11 / 05 / 2009
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Trouver les capitaux

Pour procéder au rachat d’un fonds de commerce, il faut réunir les sommes nécessaires au financement du projet. Un apport personnel sera indispensable, que l’on pourra compléter par différentes aides et par un emprunt bancaire.
 
Une fois que vous avez repéré un fonds qui correspond à ce que vous recherchez, il va falloir trouver les capitaux nécessaires au financement du projet. Un certain nombre de produits sont dédiés à la reprise, mais dans la plupart des cas, le repreneur  pourra trouver divers financements et aides, prévus pour la création d’entreprise, mais qui souvent sont étendus à la reprise. Ainsi, en fonction de la nature du projet, de sa localisation ou encore du statut du repreneur, différents moyens de financement  vont être mobilisables.

Apport personnel est indispensablePremière règle à connaître : l’apport personnel est indispensable. D’abord pour prouver l’implication du repreneur dans son projet et pour gagner la confiance des autres financeurs. Cet apport doit représenter en moyenne 30 % du coût du projet. « Pour nous, il faut avoir au moins 30 % d’apport, cette somme est un minimum », indique Emmanuel Morey, responsable du pôle commerce, artisanat, franchise à Crédit Agricole SA. « Plus que jamais, la règle des 30 % est d’actualité », ajoute Cyrille Pineau, expert-comptable au cabinet Strego.
Et si le repreneur ne dispose pas cette somme ? «  Dans un premier temps, il peut faire appel à la love money » ajoute Emmanuel Morey. Ce qui signifie en clair : faire le tour de sa famille et de ses amis pour les convaincre de vous aider à participer à votre projet.

Effet de levier

Pour compléter l’apport personnel, il ne faudra pas hésiter à recourir à des prêts d’honneur, c'est-à-dire sans exigence de garantie. Ils sont fréquemment accordés à taux zéro ou à des conditions avantageuses. Ils peuvent être délivrés par des organismes extra-bancaires constitués sous forme d’association.

Ce sont par exemple, les plates-formes d’initiative locale, comme le réseau France Initiative. Créé il y a 20 ans, ce réseau associatif est dédié au financement de la création et de la reprise d’entreprises. Chaque année, ses 245 plates-formes délivrent des prêts à environ 15 000 TPE. Autre intervenant : le réseau Entreprendre, qui regroupe 6 500 entrepreneurs en France, et qui peut accorder des prêts d’honneur allant de 15 à 50 000 euros.

L’intérêt de ce type de prêt est qu’ils permettent d’obtenir un financement bancaire complémentaire, avec un important effet de levier. Une expérience qu’a pu vivre ce jeune couple qui souhaitait racheter un restaurant à Colombes. Disposant d’un apport personnel de 25 000 euros, celui-ci cherchait à emprunter 38 000 euros, pour racheter un fonds et y faire des travaux. Mais les portes se fermaient, aucune banque ne voulait leur accorder ce crédit. « La situation s’est débloquée lorsque la plate-forme Hauts de Seine Initiative nous a accordé un prêt d’honneur de 16 000 euros », raconte Subath Thudawé, le restaurateur. Confortée par ce premier apport, la banque (en l’occurrence la Bred) leur prête alors la somme demandée.

Même cas de figure pour ce trio de salariés qui envisageait de reprendre l’affaire de serrurerie de leur patron. Après avoir essuyé plusieurs refus d’établissements bancaires, la situation évolue lorsqu’ils montent un dossier pour obtenir un prêt d’honneur, le Fidep, délivré par le département du Val de Marne. «  Le fait de bâtir ce dossier nous a aidé à entrer dans cette nouvelle situation de chef d’entreprise », commente Thérèse Lebrun, une des trois associés au projet. Après un examen minutieux de leur candidature et un grand oral devant 30 personnes, un prêt de 30 000 euros leur est accordé, à condition qu’ils remettent de l’argent dans le capital et qu’ils réalisent un pacte d’associés. « Une fois que nous avons obtenu ce prêt, tout s’est décanté », ajoute Thérèse Lebrun. En effet, les trois associés se sont vus accorder leur prêt bancaire.

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