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Trouver un financement

Par Sophie MENSIOR - Le 11 / 05 / 2009
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Le « dernier décideur »

Or, la banque doit jouer son rôle de « dernier décideur », c'est-à-dire qu’elle intervient lors de la dernière étape de la validation du projet. « On a oublié que les banques pouvaient dire non, or quelquefois ce non est légitime. Le banquier doit jouer son rôle de veille par rapport à un risque trop élevé pour le porteur de projet », pense Cyrille Pineau. Un « non » que les conseils du repreneur n’osent parfois pas prononcer. La tendance serait donc de revenir à des choses raisonnables.

Pour l’expert-comptable Joël Lopez, l’heure est à la restriction des encours. Là où on prêtait 100, on ne prête plus que 80. « Les banquiers épluchent beaucoup plus les dossiers qu’avant. Tout va être discuté, étudié. Ils sont  plus exigeants sur les petites affaires, les gros dossiers peuvent passent plus facilement, compte-tenu des retours sur investissement plus rapides », estime-t-il. « Ils sont beaucoup plus regardants sur le support financier de l’emprunteur », ajoute-t-il.

Pour mettre tous les atouts de son côté, il est conseillé, selon Joël Lopez, de prévoir plusieurs hypothèses, une première hypothèse « normale », où le commerçant conçoit un prévisionnel avec, par exemple, un revenu de 3 000 euros, et deuxième une hypothèse plus basse, où, s’il n’atteint pas ses objectif, il se contente de 1 500 euros par mois.

« Il faut montrer que l’on est capable de s’adapter à une situation moins favorable, et que le projet a un peu de marge de manœuvre », recommande l’expert-comptable.  

Autre conseil : il ne faut pas rester sur un prévisionnel tel qu’il avait été fait par le prédécesseur, et ne pas croire que l’on aura une reconduction à l’identique de la situation précédente.

En résumé, en contexte de crise, il faut monter des projets plus prudents et effectuer des demandes plus faibles. Donc se réajuster. Et bien démontrer que l’activité sera suffisamment rentable pour rembourser l’emprunt, car le banquier ne prêtera que s’il sera sûr d’être remboursé. Aujourd’hui, il n’a pas changé son analyse, il est plus strict, plus pointilleux et prendra plus de temps pour étudier les dossiers….peut-être aussi parce qu’il en a moins !
Et Joël Lopez de conclure sur une note optimiste : « Un bon dossier, bien construit avec des personnes compétentes, n’a aucune raison de ne pas passer ». Dont acte !

  • Des internautes s'interrogent, voir nos Réponses d'experts:
- En période de crise, puis-je trouver un financement ?
- Pouvons-nous trouver un financement ?
- Comment trouver le financement nécessaire au rachat de cette friterie ?

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