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De l'aménagement du territoire au magasin de décoration

Par Sophie MENSIOR - Le 29 / 06 / 2007
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De l'aménagement du territoire au magasin de décoration Après avoir longtemps travaillé dans l’aménagement du territoire, Michel Canard a décidé de tenter l’aventure du commerce avec son épouse. Amoureux de décoration raffinée, il a repris et transformé un commerce du genre à Pau, dans le Béarn.

Après avoir longtemps mis ses compétences en matière d'aménagement du territoire au service des autres, Michel sent germer en lui la fibre entrepreunariale à l'orée de ses 40 ans : “Monter des projets pour les autres, c’est bien, mais il arrive un moment où l’on se dit que ça peut être encore mieux pour soi”, reconnaît-il aisément. Sa compagne caresse le rêve de monter un commerce dans l’hôtellerie ou la décoration. Novices l’un comme l’autre, la perspective de se reconvertir ne les effraie pourtant pas : “Nous appartenons à une génération qui a appris la souplesse, argumente-t-il. Ma formation de gestionnaire était, en outre, un atout”.

Débute alors une longue phase de prospection où le couple cherche, d’Hendaye à Nice, l’affaire idéale. Ils visitent une trentaine d’hôtels sans trouver l’oiseau rare. Les raisons sont essentiellement pécuniaires : “Déjà, nous étions un peu “court” financièrement parlant. Ensuite, les hôtels sont surestimés, déplore-t-il. Quand on analysait les bilans, on s’apercevait que la rentabilité n’était pas suffisante pour se payer”. Déçu, Michel n’en est pas pour autant abattu.

Ses recherches se tournent alors vers la décoration. De retour dans sa ville natale, Pau, il tombe sous le charme de la boutique du 14 rue des Cordeliers, à deux pas de la place Clémenceau : “J’ai été emballé par l’emplacement, dans l’hyper centre, et par l’endroit, spacieux”, explique-t-il.

« Notre cible était différente : nous visions une minorité, 5% de la population, en quête d'objets originaux ayant un peu de valeur »

Pourtant, les bilans ne sont pas bons : “Le fonds se cassait la figure, poursuit-il. La cédante a voulu maintenir une politique de bas prix mais la qualité s’en est ressentie”. Nullement échaudés par les chiffres – le CA étant passé de 100 000 à 60 000 euros en trois ans –, Michel et son épouse se portent acquéreurs. L’affaire est mise en vente 40 000 euros avec un stock de 22 000 euros. Après négociation, la transaction se fait pour  37 000 euros.

En plus, de gros travaux s’imposent. Ils déboursent la bagatelle de 28 000 euros pour la rénovation du magasin. Du coup, leur apport personnel, qui s’élève à 30 000 euros, est insuffisant. Dix banques vont être sollicitées pour obtenir les 55 000 euros manquants : “Seules trois nous ont répondu favorablement, se souvient-il. Les mauvais résultats étaient un handicap”. Ce qui n’altère pas l’optimisme des deux tourtereaux, persuadés d'avoir trouvé un bon concept : “Nous souhaitions travailler avec des produits d’artisanat confectionnés en France et en Europe, explique-t-il.  La cible n'était pas la même: nous visions une minorité, 5 % de la population, qui cherche des choses originales, ayant un peu de valeur".

Epanoui dans son nouveau rôle, Michel peut, en plus, s’enorgueillir d’avoir redressé une affaire à la déroute. Dès la première année, le chiffre d’affaires est multiplié par deux pour atteindre 120 000 euros. En attendant mieux : “J’espère progresser encore, surtout lorsque les travaux dans le centre de Pau seront achevés, prophétise-t-il. Je crois que l’on peut, raisonnablement, envisager une progression de 30 à 40 % du CA dans un avenir proche”.

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