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Il rachète, non sans mal, une sandwicherie à Paris

Par Sophie MENSIOR - Le 17 / 12 / 2007
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Il rachète, non sans mal, une sandwicherie à Paris Lorsque Hervé Droin décide de racheter la sandwicherie de la rue d’Amsterdam à Paris, il est loin d’imaginer tout ce qui l’attend. Inventaire des tracas et écueils qu’il a dû surmonter pour mener à bien son opération.

C’est en feuilletant des magazines comme ICF et fait appel à une agence immobilière qu’Hervé a ciblé les sandwicheries susceptibles de l’intéresser. Mais ses critères restreignent le choix : il cherche une affaire dans Paris, ouverte du lundi au vendredi, de petite taille pour ne pas avoir du personnel à reprendre. “Je me suis fait voler par mes employés lorsque j’étais chez Relais”, justifie-t-il.

4 mois et 6 visites d’affaires plus tard, il trouve ce local, situé au 70 rue d’Amsterdam, tenu par un couple de quinquagénaires avec lesquels il s’entend immédiatement : “Le courant est très bien passé. De plus, le lieu correspondait à mes attentes : c’était propre, spacieux pour créer des places assises, ouvert uniquement la semaine et le matériel, frigos et fours, était en bon état”, énumère-t-il.

Le prix de vente, 160 000 euros pour un CA de 117 000, est toutefois un peu onéreux : “J’ai pris conseil auprès d’un expert-comptable qui a considéré, après étude des bilans, que le prix demandé était trop élevé, précise-t-il. Le bail, qui se terminait 2 ans et demi après la vente, comportait une clause non cessible stipulant que seul l’actuel propriétaire avait l’autorisation d’utiliser un four. Au vu de ces informations, j’ai réussi à faire baisser le prix à 125 000 euros.”

« Le bail comportait une clause non cessible stipulant que seul l'actuel propriétaire avait l'autorisation d'utiliser un four. »

Inquiet quant à la menace représentée par ce bail alambiqué, Hervé demande alors au gestionnaire des murs un renouvellement de bail aux mêmes conditions que son prédécesseur. La réponse, qui met 3 mois à intervenir, lui fait l’effet d’une douche froide : le bailleur augmente le loyer de 24 % et exige, en sus des 3 mois d’avance, une garantie bancaire de 6 mois TTC. Ces nouvelles conditions requièrent un investissement plus lourd, le montant global de l’affaire, en comptant les vitrines qu’il veut changer, s’élevant à 169 000 euros.

Avec un apport de 80 000 euros, Hervé doit emprunter pour trouver les 90 000 manquants. Il s’adresse alors aux 5 banques les plus proches du restaurant, les plus à même d'appréhender la cohérence de son projet. On est en mars 2004 et la promesse de vente vient d’être signée, l’acte final étant prévu pour le mois de juin. Après avoir essuyé plusieurs refus, il parvient à engager la négociation avec La Caisse d’Épargne, avec laquelle il travaille depuis 15 ans.

L'établissement bancaire estime le prix de vente trop élevé par rapport au CA et refuse qu’il se verse un salaire : Nous avons alors décidé de reculer de trois semaines la signature tout en baissant de 20 000 euros le prix de cession”, raconte-t-il. Hervé réitère sa demande de prêt revue à la baisse, de 70 000 euros désormais, à la BNP qui refuse d’aller au-delà de 60 000. Il faudra, en définitive, l’intervention de son ancien banquier du Crédit Lyonnais lorsqu’il travaillait chez Relais, pour que sa requête aboutisse, la banque obtenant l’accord d’une société de cautionnement à hauteur de 70 % du montant du prêt.

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