Cession Commerce

Alain Buat, premier vice-président de la CCIP Hauts de Seine

Par Sophie Mensior - Le 16 / 08 / 2011

Choisir son emplacement s’avère une question capitale pour les commerçants. Alain Buat, premier vice-président de la Chambre de commerce et d’industrie de Paris Hauts-de-Seine, explique comment prendre sa décision. Il revient également sur leurs perspectives d’évolution.

Alain Buat, premier vice-président de la CCIP Hauts de Seine

« Les commerçants doivent concevoir une offre "multicanale" »

Quels sont les critères de choix pour trouver le bon emplacement ?
Premier critère : le concept commercial proposé doit être adapté aux caractéristiques démographiques des populations qui habitent ou transitent par le quartier. Une analyse s’avère indispensable pour connaître les revenus, les catégories socioprofessionnelles, la taille des ménages, les tranches d’âge, le type de personnes travaillant dans la commune.
Second critère : les flux journaliers. L’emplacement du point de vente est-il situé à proximité d’une gare, d’une école, d’une rue passante, d’un axe où le flux de voiture est important ?  Mais attention : la présence de flux n’induit pas automatiquement leur captation.
 

Y a-t-il d’autres éléments sur lesquels porter son attention ?
L’environnement commercial de l’emplacement. Un emplacement stratégique dépendra du positionnement de la concurrence mais aussi des activités dites « complémentaires ». Par exemple, un caviste aura un avantage comparatif à s’installer à proximité d’un fromager ou d’un boucher.
Il est évidemment impossible de dresser la liste exhaustive des critères d’implantation mais il importe avant tout de connaître le lieu sur lequel on bâtit son projet : est-il fréquenté par des touristes ? La fréquentation peut-elle être accrue par la tenue de grands évènements sportifs ou culturels ? Autant d’éléments à prendre en compte dans son étude d’implantation.
 
Quelles sont les perspectives pour les commerçants indépendants ?
La distribution est entrée dans une phase de mutation qui s’accélère et place le commerce de proximité face à des défis tels que sa survie ne pourra être garantie qu’au prix d’une nécessaire et considérable évolution.
Cette mutation est déjà en cours sur les territoires : émergence de nouvelles formes de commerce (e-commerce, m-commerce, développement des enseignes), concurrence exacerbée de la grande et moyenne distribution partie à la reconquête du centre-ville…
Une des plus grandes révolutions va venir de l’utilisation des nouvelles technologies dans les actes de consommation, avec notamment les Smartphones.
Les commerçants vont devoir adapter leurs offres de service mais aussi leurs boutiques pour répondre aux attentes des consommateurs impatients, mobiles et connectés.
 
Comment peuvent-ils suivre ces évolutions ?
L’enjeu principal est d’accompagner les commerçants traditionnels dans la conception d’une offre « multicanale » en associant leur boutique  (le réel) à une somme de solutions dématérialisées (le virtuel) afin de toucher une clientèle en tous lieux et toutes circonstances. Ils ne devront pas s’adresser uniquement au chaland résidant à proximité mais également aux résidents travaillant dans une autre commune, tout autant qu’aux salariés venant travailler sur la commune.
 
 

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