Cession Commerce

André Letowski, expert création, reprise et entrepreneuriat

Par Sophie Mensior - Le 15 / 04 / 2011
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Quels types d’entreprises sont reprises aujourd’hui ? André Letowski, expert création, reprise et entrepreneuriat s’est penché sur le sujet pour la FCGA et la Banque Populaire, lors de l’analyse des résultats de l’Observatoire des TPE.

Pour qu'il y ait reprise, il faut une réelle valeur de l'affaire, soit immédiate, soit à venir

« Pour qu'il y ait reprise, il faut une réelle valeur de l'affaire, soit immédiate, soit à venir »

Comment cerner la reprise en France ?
Il y a très peu de chiffres sur la reprise/transmission car il n’y a plus de statistiques de l’Insee, qui fournit des données sur la création d’entreprises.  

Le nouveau baromètre Bodacc Altares mentionne 44 000 reprises en 2010 mais cela ne recense que les entreprises qui publient au Bodacc et je ne connais pas leur méthodologie. A l’opposé, la CCI de la Haute-Savoie a entrepris une étude à l’échelle de son département. Mais il n’y a pas d’études « globales » sur ce sujet ; au niveau européen il n’y a pas de données fiables non plus. A mon sens, il y a entre 60 et 80 000 reprises par an, c’est un ordre de grandeur.

Quelles sont les activités qui font l’objet de reprises ?
Certaines activités sont très reprises. Comme les hôtels-cafés-restaurants, et les commerces de bouche (boulangerie, charcuterie…), avec 40 à 50 % de créations/reprises. Ce sont les fonds de commerce avec boutique sur rue. On  passe à 20 % dans les autres commerces de détail, le commerce et réparation automobile, les services à la personne, et 5 % dans les transports, la construction, l’industrie, les services aux entreprises.
On oublie souvent que parmi les 3 millions d’entreprises, 60 % n’ont pas de salariés. Elles reposent sur la personnalité du dirigeant. Pour beaucoup d’entre eux, c’est difficile de transmettre, car ils doivent se battre au quotidien pour gérer leur affaire et préparer en même temps la cession.

Quelles sont les conditions pour qu’il puisse y avoir reprise ?
Il faut une réelle valeur de l’affaire, soit immédiate, soit à venir. Par exemple, cela peut être un fonds qui décline mais le repreneur y a décelé son potentiel, il le rachète à un prix peu élevé et va le dynamiser. Il faut aussi qu’il y ait une volonté certaine de céder et une préparation de cette cession. Car certains vendeurs affichent leur volonté de transmettre leur affaire mais en réalité bloquent l’opération. Autre points : il est conseillé de faire appel à des experts-comptables car il va falloir éplucher les différentes pièces comptables, mais aussi à des conseillers qui connaissent bien ces secteurs (chambre de commerce, de métiers) et à des juristes.

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