Cession Commerce

Anne Guérin , directrice régionale Ile-de-France Ouest de Bpifrance

Par Sophie Mensior - Le 19 / 08 / 2013

Quel est le périmètre d'intervention d'Oséo, désormais intégré dans Bpifrance, dans le cadre de reprise de fonds de commerce ? Anne Guérin, directrice régionale Ile-de-France Ouest de Bpifrance répond à nos questions.

Anne Guérin , directrice régionale Ile-de-France  Ouest de Bpifrance

« Dans un dossier de financement, le profil du repreneur est le premier élément-clé »

Comment intervient Bpifrance en matière de reprise ?
En ce qui concerne notre intervention, nous avons un outil privilégié pour les très petites entreprises : le PCE (Prêt à la création d’entreprise), qui s’adresse aux personnes qui créent ou reprennent un fonds de commerce, dans une enveloppe de 45 000 euros. Le prêt peut aller jusqu’à 7 000 euros, complété par un prêt bancaire du double. Ce prêt est instruit par la banque, qui en prend la décision.
Nous, nous garantissons le prêt bancaire à hauteur de 60 %.

Et pour les autres projets ?
Pour les opérations plus importantes, comme des fonds de commerce de fleurs ou de restaurant, par exemple, avec des prix de fonds allant de 50 000 à 300 000 euros, nous garantissons le prêt à hauteur de 50 à 60 %, selon les besoins.
 
Quels sont vos critères de décision ?
Lorsqu’il y a reprise d’un fonds de commerce, le porteur de projet doit être professionnel, c'est-à-dire avoir un diplôme et de l’expérience. Il y a  quelques cas de figure où l’on peut refuser un dossier : quand le repreneur n’est pas assez professionnel ou si le prix est trop élevé. Il faut qu’il y ait un apport personnel, afin d’éviter que la dette ne soit trop lourde.
Nous pouvons alerter le repreneur si nous avons des doutes, et le recevoir. Il peut faire la différence s’il arrive à nous convaincre. Mais quand cela se passe bien, nous n’avons pas besoin de le recevoir.
Le premier élément-clé du dossier, c’est le profil du repreneur. Son savoir-faire et l’emplacement du fonds sont déterminants pour que l’affaire marche. Statistiquement, le projet fonctionne  quand ces deux points sont validés.
Ce qui peut faire capoter un dossier, c’est quand le fonds a été acheté trop cher, donc c’est compliqué de rembourser l’emprunt. Nous sommes vigilants sur cet aspect, le niveau de la dette peut poser problème.
 
Vous avez d’autres moyens d’intervention ?
Lors d’opérations de rachats de titres de taille plus importante, avec un recours à la dette allant de 300 000 à 1 M€, nous avons le contrat de développement transmission, qui est un prêt sans garantie ni caution personnelle d’une durée de 7 ans maximum, qui accompagne un prêt bancaire d’une durée minimale de 5 ans. C’est un produit, que nous avons en commun avec la Région Ile de France, il s’agit d’un partenariat régional. La région est très active pour nous aider à garantir plus.
Ce produit est bien adapté à la reprise d’entreprises de taille moyenne. De plus, nous garantissons les prêts bancaires jusqu’à 60/70 % en partenariat avec la région, qui est également très active pour augmenter nos quotités d’intervention quand l’opération le nécessite.
Notre rôle est incitatif, dans l’objectif que l’affaire puisse se faire. Nous avons un rôle de catalyseur, avec effet de levier.
Quand nous intervenons en garantie, nous limitons la caution personnelle, à 50 % maximum du montant du crédit. Par ailleurs,  nous interdisons la garantie sur la résidence principale. Pour le repreneur, c’est beaucoup mieux, cela limite l’engagement personnel.
 
Depuis le 12 juillet, Oséo est intégré dans Bpifrance, cela va-t-il changer vos missions et interventions ?
En effet, Bpifrance est issue du regroupement d’Oseo, CDC Entreprises, FSI et FSI Régions. On ne parlera plus d’Oséo. Une campagne de communication a été lancée pour dévoiler notre nouvelle identité. Sur le sujet de la reprise, cela ne change rien. En revanche, nos moyens seront renforcés avec un ancrage régional plus fort.
Le financement de la reprise est un domaine qui marche bien, donc il n’y aura pas de changements. Ce qui pose problème, c’est plutôt le manque de repreneur dans certains secteurs. Compte-tenu du prix des fonds, il y a très peu d’acheteurs potentiels avec les moyens attendus.


 

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