Cession Commerce

Antoine Guiot, expert-comptable chez Strego

Par Sophie MENSIOR - Le 26 / 09 / 2016
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Reprendre un fonds de commerce est une opération qui ne s’improvise pas. Antoine Guiot, expert-comptable Strego, nous explique comment s’y préparer et sur quels points il convient d'être vigilant.

Il ne faut pas racheter un fonds de commerce pour tout remplacer, sinon autant faire une création

« Il ne faut pas racheter un fonds de commerce pour tout remplacer, sinon autant faire une création  »

Comment se préparer à la reprise d’un fonds de commerce ?


Il est conseillé d’étudier plusieurs opportunités avant de se lancer mais surtout de ressentir une vraie adéquation entre le fonds et ses attentes personnelles. L’entreprise doit correspondre au repreneur, car il y a des affaires, qui conviennent à certaines personnes mais pas à d’autres…D’autant que dans la phase de recherche de financement, les banques vont  regarder si le repreneur a le profil adapté à l’affaire qu’il convoite.
Autre recommandation : Il ne faut pas racheter un fonds pour tout remplacer, sinon autant faire une création.

Dans quel contexte peut s’effectuer cette opération ?


Il faut aussi se renseigner pour savoir si le fonds de commerce a été préparé à la vente. C’est-à-dire : est-ce que le cédant a fait en sorte de pouvoir transmettre son entreprise ? Si ce n’est pas le cas, cela peut être rédhibitoire.  Est-ce qu’il est vraiment prêt à vendre ? Dans les petites entreprises, le lien est très fort entre le dirigeant et sa société, pour lui ce sera difficile de s’en séparer…Ces éléments sont à contrôler avant même d’attaquer l’étude des chiffres et le montage financier.

Sur quels éléments doit-on  porter son analyse ?


Après ces éléments généralistes, il  faut passer à la phase de diagnostic. En cas de rachat de fonds de commerce, le repreneur ne reprend pas la responsabilité du cédant, le diagnostic sera plus allégé que dans le cas d’un rachat de titres, où il devra effectuer un audit complet de l’affaire.
Dans le premier cas de figure, le repreneur doit étudier le chiffre d'affaires des trois dernières années, comment il se compose, quels sont les clients prédominants, comment arrivent-ils, quels sont leurs types d’achat ? Puis il doit analyser la masse salariale : le nombre de salariés, leur niveau d’implication dans l’entreprise, leur capacité à évoluer avec de nouvelles méthodes. Il  devra s’assurer que les personnes clés adhèrent au nouveau projet.  Quant aux obligations de consultation des salariés, elles ont été allégées et ne remettent plus en cause la vente de l’entreprise.
 

Que faut-il examiner également ?


Le repreneur doit vérifier la qualité du matériel, que celui-ci est en état de marche.  C’est très important selon les activités (boulangerie, restauration….) Car les cédants ont parfois tendance à lever le pied sur les investissements, sachant qu’ils sont dans une optique de vente…
Ces différentes analyses permettent de s’assurer de la viabilité du projet et de préparer la négociation du prix. Mon conseil : ne pas s’engager sur un prix avant d’avoir effectué ces différents diagnostics.
 

Ensuite, quelles sont les autres étapes ?


Il faut procéder à l’évaluation de l’entreprise.  Chaque partie doit faire son évaluation, avec son propre comptable et  confronter ensuite ses points de vue. Puis ce sera la phase du financement, et dans ce domaine,  il n’y a pas de recette miracle : un apport du repreneur est indispensable, complété par un financement bancaire. Le vrai risque est d’être un peu trop serré, il faut prendre un peu de marge et prévoir large.
Enfin, il ne faut pas oublier que ce projet doit être soutenu par l’entourage familial (conjoint, enfants…) car cette opération va représenter beaucoup d’heures de travail et beaucoup d’argent investi.

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