Cession Commerce

Bernard Boutboul, directeur général de Gira Conseil

Par Sophie Mensior - Le 17 / 08 / 2009

Depuis le 1er juillet dernier, la TVA est passée à 5,5 % dans la restauration. Bernard Boutboul, directeur général de Gira Conseil, commente le faible empressement des restaurateurs, à répercuter cette baisse sur leur prix.

Bernard Boutboul, directeur général de Gira Conseil

« Les Français vont faire la différence entre les restaurateurs qui ont fait des efforts significatifs et ceux qui n'ont rien fait »

Le gouvernement a indiqué qu’un restaurateur sur 2 applique la baisse des prix, suite à la réduction du taux de TVA. Quel est votre sentiment sur ces chiffres ?
Nous, nous sommes plutôt à 1 sur 3, notre définition n’est pas la même. Or, une baisse de 7 produits sur la carte était largement réalisable, et pour le consommateur, c’est ridicule.
Les chaînes de restauration en ont fait un coup marketing extraordinaire, elles sont 90 % à l’appliquer. Or, elles ne représentent que 4 % des restaurants, le reste ce sont des petits indépendants, qui constituent une population difficilement maîtrisable.

Comment expliquez-vous cette différence entre ces deux catégories ?
Le fait est qu’il n’y a rien d’obligatoire…mais il faut laisser du temps au temps. Les indépendants ont un autre point de vue. A la rentrée, c’est le consommateur, qui va trancher, compte-tenu des dépenses qu’il aura à effectuer. Les Français vont commencer un peu à s’énerver. Ils feront la différence entre ceux qui ont fait des efforts significatifs et ceux qui n’ont rien fait.

Certains ont déclaré qu’ils préféraient embaucher plutôt que de baisser les prix, qu’en pensez-vous ?
C’est un très mauvais calcul, car en période de crise, il est important de redonner du pouvoir d’achat aux consommateurs. Mais j’ai confiance, la concurrence va s’amplifier sur la durée.
L’investissement social, il est un peu tôt pour le mesurer, alors que la répercussion sur les prix, on peut la mesurer tout de suite.

Cette mesure est réclamée depuis 15 ans, comment se fait-il qu’elle ne soit pas mieux accueillie par les restaurateurs ?
Effectivement, c’est un paradoxe. Maintenant qu’ils l’ont obtenue, l’économie est en période de crise. 30 à 40 % des restaurateurs ont de sérieuses difficultés. Mais il y a aussi ceux qui sont véritablement de mauvaise foi et ceux qui sont mauvais joueurs. 

Peut-on imaginer que le taux de TVA remonte ?

Ce serait impopulaire. Mais il y a d’autres moyens pour se récupérer, l’Etat ne laissera pas filer 2,6 milliards comme cela.



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