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Bernard Stalter , président de l'APCMA (Assemblée permanente des chambres de métiers et de l'artisanat)

Par Sophie MENSIOR - Le 25 / 09 / 2017
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Bernard Stalter, le président de l'Assemblée permanente des chambres de métiers et de l'artisanat (APCMA), fait le point sur la situation actuelle de l'artisanat. Il évoque le manque de personnel dont souffre le secteur et les solutions pour y remédier.

L'artisanat se porte bien. Seul problème : le manque de personnel

« L'artisanat se porte bien. Seul problème : le manque de personnel  »

Comment se porte l’artisanat aujourd’hui ?
En fait la situation est un peu nouvelle. L’artisanat se porte bien. On assiste à une sortie de crise, avec des frémissements de relance, on constate une progression des activités de service, le bâtiment reprend bien. Donc nous sommes très confiants.
Seul problème : le manque de personnel. Du coup, la reprise est freinée par un manque d'effectif et d’apprentis. Environ 300 000 entreprises recherchent des collaborateurs. Il faut réfléchir pour voir comment l’Education Nationale peut diriger les jeunes vers ces entreprises.
 

Pourquoi cette pénurie de personnel ?
En 2008, avec la crise financière, les chefs d’entreprise n’ont pas renouvelé les contrats d’apprentissage et en 2013 il y a eu baisse des indemnisations. Pour toutes ces raisons, il n’y a pas assez d’apprentis. Nous pensons qu’il vaut mieux miser sur l’apprentissage plutôt que sur les contrats d’avenir.
6 000 bacheliers n’ont pas eu d’affectation APB pour cette rentrée scolaire, pourquoi ne pas les orienter vers l’artisanat. On voit aussi des Bac + 5 derrière des guichets de banque, ne seraient-ils pas mieux dans nos métiers…Il faut envisager également plus de passerelles entre les formations, les parents pourront commencer à évoluer et ne plus avoir d’idées péjoratives  sur l’apprentissage. Il y a toute une image à reconstruire sur les métiers de l’artisanat, délaissés au profit d’études dans les filières générales.
Nous travaillons, avec Jean Arthuis, à la mise en d’un Erasmus +  pour les apprentis, afin que ces jeunes puissent eux aussi, comme les autres étudiants, se rendre à l’étranger.

Qu’en est-il des reprises d’entreprise ?
25 % des chefs d’entreprises artisanales ont plus de 55 ans. Sachant qu’il y a en moyenne 3 à 4 salariés dans celles-ci. Donc, c’est un véritable drame social si elles ne sont pas reprises. Nous n’avons pas attendu la loi Hamon pour nous pencher sur ce sujet de la reprise par les salariés, nous y travaillons. Mais tous  les collaborateurs ne peuvent pas devenir chefs d’entreprises, soit ils n’en ont pas l’envie, soit ils n’en ont pas la capacité… Une reprise d’entreprise, c’est un vrai bonheur. Nous devons faire porter nos efforts sur cette thématique,  car cela permet de maintenir l’économie de proximité.
Il y a tout le temps des affaires à reprendre, il faut positiver là-dessus. Par exemple sur notre site, nous proposons une bourse avec des affaires à racheter. Sur l’ensemble du territoire, nos conseillers économiques accompagnent les repreneurs.
Aujourd’hui, les entreprises qui se créent sont plutôt des microentreprises, à 60 %. Il faut que leur durée d’existence soit limitée dans le temps et que la concurrence soit loyale avec les autres formes d’entreprises.

Y a-t-il  des secteurs plus porteurs que d’autres ?
Les secteurs les plus dynamiques sont le transport de voyageurs, le bâtiment, les métiers de bouche…

Le gouvernement a présenté un plan en faveur des travailleurs indépendants, qu’en pensez-vous ?
Les annonces sont bonnes, celles qui concernent le RSI (Régime social des indépendants) tiennent la route, et celles concernant les charges sociales vont dans le bon sens. Après, il faudra voir comment ces différentes mesures se mettent en place.
Nous avons une écoute du gouvernement, qui va dans les sens des PME-TPE. Nous allons l’accompagner dans cette démarche. D’autant que notre secteur, qui crée de l’emploi, peut constituer une des planches de salut de l’économie.
Il faut donner la parole aux entreprises artisanales autant qu’à celles du CAC 40.



 

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