Cession Commerce

Charles Melcer, président de la FNH, Fédération nationale de l'habillement

Par Sophie Mensior - Le 27 / 04 / 2009
Suivre sur Twitter

La LME (Loi de modernisation de l’économie) a donné aux commerçants la possibilité d’organiser deux semaines de soldes supplémentaires, en plus des 2 périodes de 6 semaines fixées au plan national. Charles Melcer, président de la Fédération nationale de l'habillement (FNH) nous explique pourquoi il est contre ce système.

Dans le secteur de l'habillement, les commerçants indépendants résistent mieux

« Dans le secteur de l'habillement, les commerçants indépendants résistent mieux »

Que pensez-vous des soldes flottants ?
Depuis le début, nous y sommes opposés. C’est une erreur commerciale tragique. Je l’ai dit à Christine Lagarde. Pour nous, c’est trop, ce n’est pas vivable. Avec ce système, le consommateur ne sait plus à quel moment il doit acheter. C’est du suicide commercial.Il faut garder le concept de « soldes », deux fois par an, pour leur côté évènementiel. Ce sont des soldes sincères, qui correspondent aux fins de saison.
J’ai demandé à Madame Lagarde de faire le bilan 2009, avec les soldes flottants et le bilan 2008, sans cette pratique.

Vous déconseillez aux commerçants d’en faire. Mais si leurs voisins les mettent en place ?
Effectivement, si la boutique d’à côté pratique les soldes flottants, il faut que les commerçants le fassent quand même. Mais avec imagination, on ne peut pas rester les bras ballants.

Comment évolue le marché de l’habillement ?
Ceux qui s’en tirent le moins mal, ce sont les indépendants, qui peuvent réagir plus vite. Ce qui constitue une « divine surprise ». Ils résistent mieux que les grosses structures, qui ont des circuits de décision très lourds.
Janvier a été un bon mois, février a connu un effondrement de -8 %, et mars est plutôt pas mal pour nous, les indépendants. Pour les 3 premiers mois de l’année 2009, les indépendants multimarques et les franchises de la fédération, soit 44 812 boutiques, sont à + 2%, ce qui n’est pas si mal dans le contexte actuel. 

A ce propos, quelles sont les pistes pour sortir de la crise ?
Par une stratégie de niches, mais, à l’heure actuelle, je ne les connais pas. Avec ce tsunami financier, il faut trouver les bonnes pistes. Aujourd’hui, tout le monde est obligé de se remettre en question. Par exemple, nous étions à 2 collections par an, nous allons passer à 4.
Ceux qui étaient malades seront morts, mais ceux qui vont résister pourront se faire une belle situation. Le tout est de trouver le bon créneau.

< Retour à la liste

>Actualité
Magazine l'argus des commerces et des entreprises