Cession Commerce

Christel Teyssèdre, présidente de l'UNFD, Union nationale des syndicats de détaillants en fruits, légumes et primeurs

Par Sophie Mensior - Le 09 / 12 / 2013
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Comment évolue le métier de primeur aujourd’hui ? Christel Teyssèdre, présidente de l’UNFD, Union nationale des syndicats de détaillants en fruits, légumes et primeurs nous décrit les principales caractéristiques de ce métier.

Le nombre de primeurs en magasin est en augmentation

« Le nombre de primeurs en magasin est en augmentation »

Combien recense-t-on de magasin de fruits et légumes ?
Selon notre dernier rapport de branche, le nombre de points de vente est plutôt en augmentation alors que le nombre de commerçants  sur les marchés est en baisse. On dénombre 11 300 primeurs, dont 6 200 sur les marchés et 6 100 en magasin. Ce sont essentiellement des indépendants, il y a très peu de franchisés, les plus connus étant Grand Frais, Cerise et Potiron…Le chiffre d’affaires total de la profession est de 4,5 milliards d’euros (2,7 milliards sur les marchés et 1,8 en magasin). Quant à l’effectif total, il est est de 33 100 personnes occupées dont 20 000 salariés, le reste ce sont des TNS (Travailleurs non-salariés). 90 % des entreprises ont moins de 2 salariés.

Quelles compétences faut-il avoir pour se lancer dans cette profession ?
C’est un métier qui ne nécessite pas de diplôme particulier, tout le monde peut s’installer. Il  s’apprend sur le terrain, néanmoins notre branche dispense des formations (réalisation de corbeille, hygiène, affichage obligatoire…) Par ailleurs, la fédération a pour projet de créer  un diplôme : un Bac Pro Commerce avec option primeur. Pour l’instant, ce projet est plutôt bien perçu.
Pour se lancer : il faut savoir gérer une unité commerciale, mettre ses produits en valeur et ne pas compter ses heures…
 
Comment a-t-elle évolué ?
Avant, nous étions en proposition de produit. Aujourd’hui, nous somme sommes plutôt en réponse à une demande du client. Par exemple, il veut des salsifis en hiver,  du chou Kale…C’est à nous de répondre à cette demande.
Dans les grandes villes, la tendance est à "la fraîche découpe", ce sont des produits qui sont préparés mais pas cuisinés (carottes râpées, salade de fruits…) Les légumes anciens, oubliés, retrouvés (topinambours, rutabagas, panais…) sont aussi à la mode… Pour les fruits, il y a moins d’évolution, cela reste plus classique, les fruits exotiques sont toujours demandés malgré la crise.
 
Quels moyens faut-il investir pour démarrer ?
L’investissement de départ est de 80 000 euros en moyenne, ce qui comprend l’achat ou la  location d’un véhicule, l’installation de chambres froides et l’agencement du magasin. Pour s’implanter, il faut être situé dans une zone (une rue, une place) où il y a des commerces alimentaires.
Quant à l’évaluation du commerce, elle sera fonction du chiffre d’affaire réalisé par le cédant, qui peut aller de 100 000 à 300 000 euros, avec une moyenne de  150 à 200 000 euros. Tout dépend de la surface, plus elle augmente, plus le chiffre d’affaires est en croissance, sachant que la surface moyenne est de 92 m².
 
Votre profession ressent-elle la crise ?
Honnêtement, par rapport au commerce textile, on s’en sort à peu près bien mais on ne peut pas dire qu’on gagne excessivement bien notre vie. Si l’on ramène le salaire par rapport au nombre d’heures effectuée (plus de 100 heures par semaine), on est en dessous du SMIC.
 
 
 

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