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Christine Balmont, présidente de l'Association française des laveries (AFL)

Par Sophie MENSIOR - Le 20 / 01 / 2020
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La présidente de l’Association française des laveries (AFL), Christine Balmont, dresse l’état des lieux de ce secteur et délivre des conseils pour se lancer dans cette profession.

Christine Balmont, présidente de l'Association française des laveries (AFL)

« Je conseille la reprise d'une laverie quand le local est bien situé »

Combien de laveries automatiques recense-t-on aujourd’hui en France ?
On approche les 5 000. Il est difficile de donner un chiffre précis, le secteur ne possède pas de code APE spécifique, par conséquent les laveries sont regroupées avec les blanchisseries.
Différents acteurs cohabitent sur ce marché :  les exploitants, qui vivent de cette activité, et qui possèdent plusieurs laveries (deux minimum, voire trois), ceux qui n’en possèdent qu’une mais qui ont une autre activité à côté. Autre formule : les kiosque laveries en extérieur déployés par le groupe Photomaton, sous l’appellation KIS Wash Compact, installés sur des parkings de supermarchés, dans des stations-service…On trouve également des concepts tels que Wash' N Dry. Ce sont des laveries assez « classe », nous devons évoluer dans ce sens.  
 

Que faut-il savoir pour se lancer dans ce métier ?
Il faut savoir bricoler un minimum pour réparer les pannes de matériel, la moitié d’entre elles sont basiques. Surtout, il est indispensable d’y passer tous les jours pour faire le ménage. Dans les grosses laveries, il est même recommandé de s’y rendre deux fois par jour.
L’exploitant peut proposer des services annexes, tels que le repassage, les retouches…Distributeur de boissons fraîches, cafés, Wi-Fi gratuit…seront des petits plus appréciés par les clients.

En terme d’investissements, que faut-il prévoir ?
Outre les travaux (environ 10 000 €), il faut compter un certain budget pour équiper une laverie : environ 5 machines à laver, 3 séchoirs, une centrale de paiement et un distributeur de lessive, ce qui représente un montant total de 45 000 € HT. En termes de charges, les postes les plus importants seront l’eau et l’électricité. Ce qu'il faut absolument vériifer est qu’il existe bien des évacuations pour les séchoirs.
Je conseille la reprise quand le local est bien situé. Cela permet aussi de pas acheter tout le matériel d’un seul coup, mais de remplacer les équipements au fur et à mesure, sachant qu’une machine à laver, bien entretenue, se change tous les 15 ans. En moyenne, les séchoirs, plus robustes, peuvent durer jusqu’à 25/30 ans.

Qu’en est-il du financement ?
Pour financer son projet, l’entrepreneur devra posséder au minimum 30 % d’apport personnel pour solliciter un emprunt. Les banquiers estiment le chiffre d’affaires moyen par laverie à 35 000 €. Il y a une dizaine d’années, le secteur avait une mauvaise image auprès d’eux. Beaucoup de laveries ont fermé à cette époque par manque de professionnalisme. Ceux qui voulaient se lancer pensaient qu’il n’y avait pas grand-chose à faire et qu’ils allaient gagner beaucoup d’argent facilement… Depuis la situation a évolué et son image est remontée.

Présentez-nous votre association…
Regroupant 600 adhérents, elle a pour but de les informer sur la réglementation, de négocier des décrets avec les pouvoirs publics (normes sur les centrales de paiement…). Nous organisons des tables-rondes avec des fournisseurs, des avocats d’affaire…

 

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