Cession Commerce

Claire Marteau, responsable du conseil aux bailleurs au sein du département commerce chez Cushman & Wakefiled

Par Sophie Mensior - Le 21 / 01 / 2014

Cushman & Wakefield a publié son étude annuelle sur le marché de l'immobilier de commerces. Claire Marteau, responsable du conseil aux bailleurs au sein du département commerce, fait le point sur ses principaux enseignements.

Claire Marteau, responsable du conseil aux bailleurs au sein du département commerce chez Cushman & Wakefiled

« La multiplication et la densification de l'offre commerciale se sont poursuivies en 2013 »

Quelles ont été, l'an passé, les grandes tendances dans le domaine de l’immobilier de commerces ?
En 2013, la multiplication et la densification de l’offre commerciale se sont poursuivies avec le lancement et l’ouverture de nouveaux projets. Cependant, par rapport aux ouvertures prévues en 2013, il y a eu report d’un certain nombre d’entre elles. En ce qui concerne les centres commerciaux et les parcs d’activité commerciale, 58,5 % ont été réalisés, donc moins de la moitié ont finalement été reportés. Soit pour des raisons d’ordre administratif, soit en raison d’un repositionnement ou d’une reconfiguration de certains projets pour mieux s’adapter au marché

Comment ont évolué les valeurs locatives ?
La forte bipolarisation du marché, initiée depuis quelques années, s’est confirmée en 2013. Les axes primes restent stables sur de niveaux de valeurs très élevés. En revanche, les autres emplacements souffrent un peu plus, encore davantage lorsqu’on parle de périphérie.
A Paris, on note l’émergence de nouveaux centres d’attraction pour les enseignes, y compris celles de luxe. Faute d’offres sur le Triangle d’or ou dans le secteur Saint-Honoré,  elles vont se tourner vers des emplacements tels que le quartier du Marais ou le boulevard Saint-Germain. Ce qui est nouveau, c’est que les enseignes de luxe s’intéressent à ces axes, qui connaissent ainsi une montée en gamme.
Les loyers prime connaissent des amplitudes fortes selon les emplacements : de 4 500 € le m²/an (rue de Rivoli) à 18 000 € pour certains locaux  sur les Champs-Elysées. On note que les valeurs locatives sur cette artère sont en constante hausse depuis plus de 10 ans.
En province, les valeurs locative prime sont stables à environ 2200 €/m²/an, sauf sur la Côte d’Azur, (Cannes, Saint-Tropez) où les tendances sont à la hausse (elles peuvent atteindre 6 500 m²).

Avez-vous constaté d’autres tendances ?
Cette bipolarisation se retrouve également dans le taux de vacance. Dans les villes de 50 à 100 000 habitants, il a fortement augmenté et atteint presque 9 %. En revanche, il est en baisse dans les agglomérations de plus de 500 000 habitants. Il est lié à la politique des enseignes, qui ont entrepris une rationalisation de leur parc. Elles veulent s’assurer de la rentabilité de leurs investissements.
Certaines villes de province sont assez sinistrées sur un plan commercial.

Quels échos avez-vous sur les ouvertures de centres commerciaux l’an dernier ?
Beaugrenelle à Paris a été sans nul doute un évènement majeur. Très attendu, il a été unanimement applaudi. D’après ce que nous savons, les commerçants sont très satisfaits de leurs résultats. Quant à Aéroville (Roissy), le bilan est plus discret. C’est un centre qui attire du monde et fonctionne bien en fin de semaine. En revanche, c’est un peu plus difficile pendant la semaine.
Ces deux projets sont remarquables  pour leur qualité architecturale et la qualité de la commercialisation.
Pour 2014, sont attendues notamment l’ouverture de Qwartz à Villeneuve-la-Garenne et des Terrasses du Port à Marseille, ainsi que l’extension de Parly 2 et Grand Cap au Havre.
Je suis positive sur plusieurs points. La rationalisation de leurs implantations par les enseignes offre de belles opportunités de renouvellement du mix marchand. De même, l’arrivée en France de belles enseignes internationales haut de gamme et de « luxe abordable », qui ouvrent de nouvelles perspectives aux investisseurs, aux développeurs et aux commercialisateurs. C’est excellent pour le client final car cela lui permet d’avoir une offre renouvelée.

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