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Claude Daumas, président de la Faghit (Fédération autonome générale de l'industrie hôtelière touristique)

Par Sophie Mensior - Le 04 / 04 / 2011
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A travers un manifeste distribué aux parlementaires et aux leaders d’opinion, la Faghit s’alarme sur l’impact des réglementations concernant la sécurité incendie et l’accessibilité aux personnes handicapées dans le secteur de l’hôtellerie-restauration. Claude Daumas, son président, explique les positions de la fédération.

Nous demandons une application plus souple des textes sur la sécurité incendie et l'accessibilité aux handicapés

« Nous demandons une application plus souple des textes sur la sécurité incendie et l'accessibilité aux handicapés »

Que dénoncez-vous dans ce manifeste ?
Pour les établissements existants, les nouvelles dispositions en matière de sécurité incendie qui doivent entrer en vigueur en août 2011, et les normes d’accessibilité prévues pour août 2015 entraînent des contraintes techniques et architecturales, qui ne sont pas réalisables. Ces mesures partent d’un très bon sentiment mais leur limite, c’est la faisabilité. Techniquement, il est possible de tout faire mais il faut savoir combien cela coûte. Pour les hôteliers et restaurateurs, la mise en place de ces normes n’entraîne pas de retour sur investissement, c’est de l’argent investi en pure perte. 

Vous souhaitez remettre en cause les textes instaurant ces dispositions ?
Nous ne discutons pas le fait d’effectuer des investissements pour améliorer la sécurité. Mais nous estimons que les commissions de sécurité ne doivent pas rechercher le risque zéro. Il faut mettre en face la réalité du risque et le coût des travaux.
Nous réagissons aujourd’hui car ces commissions ont eu tendance à demander les réalisations maximum, or il y a peu de chances pour cela soit effectué. Elles doivent se mettre en adéquation avec ce qui réalisable. Nous ne demandons pas de changements dans les textes, car il existe déjà des mesures compensatoires. Nous souhaitons une application plus souple de ceux-ci.  

Que suggérez-vous ?
Pour l’accessibilité, les professionnels estiment que c’est impossible à mettre en œuvre. Nous avançons des propositions très précises à ce sujet. Les établissements peuvent se mettre aux normes pour les malentendants et les malvoyants, car cela ne met pas en cause la structure des bâtiments. En revanche pour les handicaps moteurs, il faut faire l’inventaire des établissements accessibles ou ceux qui seront les plus facilement adaptables et concentrer toutes les aides sur ceux-là. Afin qu’une personne handicapée sache, dans un secteur donné, quel établissement est capable de la recevoir.
 
Selon vous, ces mesures entraîneraient la fermeture d’établissements…
Oui, certains petits hôteliers indépendants n’auront pas les moyens d’effectuer ces investissements. Environ 3 500 sont menacés de fermeture. Ce sont des estimations officielles, nous les avons reprises mais nous pensons qu’il y en aura plus.
 

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