Cession Commerce

Cyrille Geiger, buraliste à Paris

Par Sophie Mensior - Le 24 / 04 / 2015

Comment se pratique le métier de buraliste ? Cyrille Geiger, qui gère un bureau de tabac dans Paris, nous explique comment il voit évoluer cette profession.

Cyrille Geiger, buraliste à Paris

« Un bon gestionnaire ne doit négliger aucune petite recette »

Que faut-il savoir quand on devient buraliste ?
C’est devenu un marché de gestionnaire. Il faut être très rigoureux. Très peu de buralistes font faillite en raison de problèmes de rentabilité. Les causes seront plutôt liées à des problèmes de trésorerie. Attention aux stocks dormants, qui peuvent vite coûter de l’argent.
Il faut prévoir un bon fonds de roulement au départ. Pendant les années de remboursement de crédit, il est conseillé de gérer ses stocks de façon très précise.
Par ailleurs, il faut être  vigilant sur l’emplacement et acheter une affaire, qui permette de vivre.
 

Comment voyez-vous évoluer ce métier ?
Je pense que nous devons évoluer vers le « convenience store », c’est-à-dire un point de vente, qui réponde aux besoins instantanés des consommateurs. C’est pourquoi dans mon magasin, situé rue Washington à Paris, à côté des Champs-Elysées, on peut trouver des piles, préservatifs, parapluies, snacking, boissons fraîches…
Autre piste d’évolution du métier, l’installation d’un compte Nickel, ce qui nécessite un agrément de la Banque de France.
Je n’ai pas raté la vague de la cigarette électronique, qui constitue un vrai levier de croissance pour mon établissement. Après l’euphorie des débuts, ce marché est toujours là mais il est moins important.
Quant aux jeux, ils constituent une activité intimement liée au tabac, ils contribuent à la rentabilité du point de vente. Celle-ci résulte de l’agrégation d’un grand nombre de petites recettes. Un bon gestionnaire ne doit négliger aucune d’entre elles.
 
De quelle façon sont rémunérés les buralistes ?
Globalement sur le tabac, les jeux, les timbres postes et fiscaux, ils reçoivent une commission, qui varie entre 4 et 7 % selon les produits. En revanche, pour tous les produits vendus autour du tabac, la confiserie…, qui sont des produits à marge traditionnelle, les prix sont libres. Les marges vont varier selon les zones d’implantation.
 
 
Quelles sont les méthodes d’évaluation  d’un bureau de tabac ?
Pour acheter un point de vente, il y a deux principaux modes de calcul. Un bureau de tabac s’achète entre 3,5 et 5 fois son EBE (Excédent brut d’exploitation) ou 3 à 4 années de remises (commissions) plus une année de chiffre d’affaires TTC sur la partie accessoires (les produits à marge). On doit arriver aux mêmes sommes avec ces deux modes de calcul.
Après, il faut pondérer  en fonction de l’état de l’agencement du magasin, de l’amplitude horaire, des vacances…
 

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