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Edouard de Penguilly, président d'Initiative Ile-de-France et vice-président d'Initiative France

Par Sophie MENSIOR - Le 07 / 03 / 2016
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Quels sont les rôles et les missions d’une plate-forme d’accompagnement pour des créateurs et des repreneurs d’entreprise ? Edouard de Penguilly, président d’Initiative Ile-de-France et vice-président d’Initiative France nous répond.

Edouard de Penguilly, président d'Initiative Ile-de-France et vice-président d'Initiative France

« Toute personne, qui a un beau projet de reprise, ne doit pas rencontrer d'obstacle financier »

Quelle est la stratégie de votre réseau en matière de reprise d’entreprises ?
La reprise-transmission est un axe politique fort au niveau de la région Ile-de- France. Il est identifié et soutenu par le conseil régional et par le Crédit Agricole, partenaire majeur de notre démarche.
L’idée de base est que cela ne sert à rien de dépenser beaucoup d’argent pour créer une nouvelle entreprise si, à côté, on ne trouve pas  de repreneur pour une entreprise, qui risque alors de disparaître… Notre centre de gravité, c’est la création mais dans un deuxième temps nous nous sommes ouverts à la transmission. Moins il y a de pertes d’entreprises, mieux c’est…

Décrivez-nous vos missions…
Certaines personnes sont intéressées par la reprise mais se font une montagne du financement. Notre mission est de pouvoir leur apporter les fonds propres nécessaires, par le biais d’un prêt d’honneur à taux zéro, qui peut aller jusqu’à 70 000 €. Celui-ci peut générer un effet de levier jusqu’à 10, ce qui représente 700 000 €. Pour nous, toute personne qui a un beau projet de reprise ne doit pas rencontrer d’obstacle financier. Par ailleurs, nous lui apportons également un accompagnement, afin de rendre  son projet viable économiquement.
Une fois que le porteur de projet est passé chez nous, quand son dossier arrive chez le banquier, le regard de celui-ci ne sera pas le même. Il sait que le dossier a été étudié et analysé.
Nous ne sommes pas un organisme bancaire, nous aidons les gens à réussir. Notre garantie, c’est la réussite du projet. Au travers de notre comité  d’agrément, qui comprend des banquiers, nous disposons d’une très grande capacité d’analyse. 87 % des dossiers ont une pérennité à 3 ans.
Cela nous arrive aussi de dire non…
 
Justement, quels sont vos critères pour délivrer des prêts d’honneur ?
Il faut avoir la fibre de chef d’entreprise, il ne suffit pas d’avoir de bonnes idées ou d’être un bon technicien. Il faut faire preuve de caractère et de force psychologique. Et puis nous vérifions qu’il y a un marché en face du projet…
 
Faut-il absolument avoir un apport personnel ?
Nous n’en demandons pas.  Mais si le projet nécessite des fonds propres de 90 000 €, comme nous pouvons prêter au maximum 70 000 €, il faut que le porteur trouve les 20 000 euros restants, par de la « love money » par exemple. Notre objectif est d’aider ceux qui en ont le plus besoin.
Précisons qu’il s’agit d’un prêt d’honneur à la personne et non à l’entreprise. Il faudra le rembourser sur 5 ans. On ne fait qu’avancer au créateur son propre projet. Il s’agit d’un énorme coup de pouce au démarrage.
 
Quel est le volume des dossiers traités ?
Nous traitons 1 600 dossiers par an, ce qui fait de nous le plus gros réseau d’accompagnement en France et en Ile-de-France. 300 d’entre eux concernent des opérations de reprise. La typologie des dossiers est la même que celles des strates économiques : 8 % concernent l’industrie  et plus de 50 % sont dans les services (dont le commerce).
A noter que la part des femmes dans la reprise est beaucoup  plus faible que dans la création : à peine 10 % versus 34 %. Mon opinion est que les femmes qui créent une entreprise ont une montée en puissance plus lente alors que dans la reprise, on bascule immédiatement, on passe de 0 % à 120 % d’occupation en 24 heures.
A l’heure actuelle, 70 % des entreprises sont créées par des hommes et 30 % par des femmes, ce qui représente une perte…La vie économique serait meilleure si on était à 50/50. Nous avons tous intérêt à ce que plus de femmes s’engagent…

Qu’en est-il des dossiers concernant le commerce ?
Les commerces de centre-ville souffrent. Lorsqu’il s’agit d’une reprise, c’est l’occasion de mettre en place des innovations pour s’adapter aux nouvelles donnes de la consommation.  Nous aidons les porteurs de projet à mener ces réflexions, à se poser les bonnes questions et à trouver les bonnes réponses. Nous ne nous substituons pas au créateur, nous les amenons à  prendre la bonne décision.
 
 
 
 
 
 

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