Cession Commerce

Florent Lamoureux, directeur du marché des professionnels de la Caisse d'Epargne

Par Sophie Mensior - Le 24 / 09 / 2012

Comment les banques décident-elles de financer un projet de reprise ? Florent Lamoureux, directeur du marché des professionnels à la Caisse d’Epargne, nous donne des éléments de réponse.

Florent Lamoureux, directeur du marché des professionnels de la Caisse d'Epargne

« Plus que les garanties, nous regardons si le projet est susceptible d'être pérenne »

Que regardez-vous dans un dossier de financement de reprise d’un fonds de commerce ?
Nous étudions plusieurs éléments : les données chiffrées de l’affaire reprise (bilan, chiffre d’affaires…), l’emplacement du commerce par rapport à sa typologie, le bail commercial… Mais ce qui fera la différence, c’est le chef d’entreprise et son histoire.

Nous regardons également de quel projet il s’agit. Si c’est pour se lancer dans le domaine de l’appareil photo argentique ou dans un vidéoclub, on peut s’interroger…
Ce qui nous intéresse, c’est que le chef d’entreprise fasse le bon choix, car notre objectif, c’est que le commerçant réussisse.


L'apport personnel est-il indispensable?
Lorsque l’on finance un dossier de reprise, le porteur de projet doit avoir un apport personnel, de l’ordre d’environ 30 %, signe de son implication. C’est un grand principe.
Si le porteur dispose de 60 à 70 %, mais qu’il n’a pas le bon profil, nous ne le financerons pas pour autant. Nous regardons s’il est aidé par des réseaux d’accompagnement, si ce n’est pas le cas, nous l’orientons vers ces structures. Nous  étudions également comment il peut garantir son projet. Plus que les garanties, nous regardons surtout si son projet est susceptible d’être pérenne.

 
Le repreneur doit-il être du métier ?
S'il n’est pas du métier, nous vérifions ses formations initiales, comment il peut se faire accompagner.
Pour la restauration, nous allons être particulièrement vigilants. Car pour se lancer, il ne suffit pas d’aimer faire la cuisine pour ses amis le week-end. Si le repreneur n’est pas du métier, assez vite, il va devoir prendre un cuisinier, ce qui va faire grimper ses coûts. Mieux vaut être passionné, mais si c’est un hobby, cela ne suffit pas. Dans ce secteur, la notion d’emplacement est essentielle.
 
Quelles sont vos recommandations ?
De façon générale, nous apprécions que le porteur de projet se fasse accompagner par des experts : des spécialistes de la chambre de commerce et d’industrie, de la chambre des métiers, des réseaux d’accompagnement  (France Initiative, des clubs de créateurs et de repreneurs…). Cela peut être aussi des notaires, des avocats, des experts-comptables…
Se lancer tout seul est très difficile. S’il n’a pas le reflexe de se faire accompagner, ce n’est pas bon signe. Il doit s’entourer de spécialistes.
 
 
 
 
 
 
 
 
 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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