Cession Commerce

Florent Lamoureux , directeur du marché des professionnels de la Caisse d'Epargne

Par Sophie Mensior - Le 12 / 01 / 2015

Comment un banquier prend-il sa décision pour accorder un prêt dans dossier de financement ? Le point avec Florent Lamoureux, directeur du marché des professionnels de la Caisse d'Epargne.

Florent Lamoureux , directeur du marché des professionnels de la Caisse d'Epargne

« La façon dont les porteurs de projet sont préparés nous importe plus que le secteur d'activité »

Quelle est la position de votre établissement bancaire quant au financement des Très petites entreprises  (TPE) ?
Nous prêtons toujours, cependant nous sommes un peu moins sollicités par nos clients, qui différent parfois leurs projets.  A la fin de l’été  2014, nous avons financé un peu moins de projets qu’en 2013, une  baisse d’environ 5 %. Mais depuis la rentrée, ceux-ci sont repartis à la hausse. Nous allons ainsi accorder  plus de 2,2 milliards d’euros de crédits à nos clients professionnels (TPE dans le commerce, l’artisanat, professions libérales…).

Comment prenez-vous votre décision  pour accorder un prêt ?
Ce qui nous intéresse, c’est  l’accompagnement des créateurs d’entreprises. Dès lors que nous sommes face à une personne, qui a fait appel à un réseau d’accompagnement, nous avons le sentiment que ce projet se donne plus de chances de tenir la route. Ce sont généralement des projets plus pérennes. La façon dont les porteurs de projet sont préparés  nous importe plus que le secteur d’activité.
Pour la préparation du dossier, nous leur conseillons au démarrage le réseau BGE, les chambres de métiers, les chambres consulaires, et les organisations professionnelles… Puis quand le dossier avance, ils peuvent se tourner vers France Active, Initiative France, pour les aspects conseils et financiers. De même, ils peuvent s’adresser à Bpifrance, qui apporte sa garantie.
Beaucoup d’organismes peuvent intervenir dans les plans de financement  mais ils sont encore malheureusement  trop méconnus. A part le banquier et l’expert-comptable, les créateurs ont bien du mal à citer des accompagnants.

Que regardez-vous également ?
Nous étudions son business plan, notamment  les comptes d’exploitation prévisionnels  sur trois  ans… En ce qui concerne l’apport personnel, notre position n’a pas bougé : il faut un minimum de 30 % du montant total du projet.  Cet apport est exigé car nous voulons que le porteur de projet s’engage et qu’il mette des moyens. Ce n’est pas uniquement une sécurité financière, cela constitue une preuve de son engagement.
Chaque dossier est une nouvelle histoire. Beaucoup de paramètres rentrent en jeu.
 
De nouveaux modes de financement sont apparus, comme le financement participatif. Quelle est la politique de votre banque envers cette formule ?
Nous menons des tests, notamment à la Caisse d’épargne Loire-Centre, qui a un partenariat avec la société SparkUp.
Quand nous sommes face  à un porteur de projet qui a une belle idée mais qui a un apport personnel trop faible, nous l’orientons vers cette société. Car, avec des remboursements  trop élevés, il risque de manquer de trésorerie, ce qui représente  le premier motif de défaillances des petites entreprises.
Quand l’apport personnel est constitué via cette plate-forme de crowdfunding,  le porteur de projet revient vers nous et nous pouvons le financer plus facilement.
Pour nous, il s’agit d’un outil complémentaire, qui permet au créateur ou au repreneur de réaliser son projet.
 
Comment vous positionnez-vous sur le financement des commerçants et artisans ?
La Caisse d’Epargne est un acteur encore récent sur le marché des professionnels, mais en forte croissance. Nous avons déjà  330 000 clients, ce qui représente 12 %  du marché. Nous souhaitons également continuer à prendre toute notre place sur la création d’entreprise, et  en particulier, sur l’entrepreneuriat féminin. Ce sont généralement de très bons dossiers.
 

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