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Francis Palombi, président de la Confédération des commerçants de France (CDF)

Par Sophie MENSIOR - Le 27 / 06 / 2016
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Francis Palombi, président de la Confédération des commerçants de France (CDF) nous livre sa réaction par rapport au nouveau service de livraison rapide d’Amazon. A cette occasion, il nous présente le projet de Coopérative de développement économique destiné à relancer le commerce en centre-ville.

Francis Palombi, président de la Confédération des commerçants de France (CDF)

« « Nous voulons proposer un nouvel outil pour gérer les centres-villes : les Coopératives de développement économique » »

Amazon vient de lancer à Paris un nouveau service de livraison rapide,  quelle est votre position en tant que représentant du commerce indépendant de proximité ?
La Confédération des commerçants de France, qui regroupe 18 fédérations issues de secteurs alimentaires (fruits et légumes, fromagers, poissonniers..) et non-alimentaires (chaussures, restauration/hôtellerie…) a pris ce dossier à bras le corps.
Ce lancement intervient  alors que nous sommes en train de nous organiser pour nous adapter aux nouvelles formes de commerce avec des technologies modernes (plate-forme informatique commune, drives de centre-ville …). C’est vraiment dommage qu’il y ait ce dumping d’un grand groupe étranger. Il s’agit d’une « concurrence déloyale »  dans l’esprit.

Que comptez-vous faire ?
Je demande une rencontre urgente avec Martine Pinville, secrétaire d’Etat au commerce et à l’artisanat. L’Etat doit apporter des règles pour encadrer ces nouvelles pratiques. Nous nous mobilisons pour éviter un déséquilibre entre les grands groupes et le commerce de détail indépendant.
Il faut tout mettre en oeuvre pour redonner de la force au commerce de centre-ville, dont la situation empire encore.

Vos préconisations  pour que le commerce de centre-ville se porte mieux ?
Le modèle canadien est intéressant. Depuis 1982, les centres-villes se sont organisés avec le soutien de l’Etat pour créer des sociétés de développement commercial (SDC). Elles rassemblent des artisans, des commerçants, des professions libérales et la collectivité locale. Tout le monde doit cotiser par obligation. Lorsqu’il y a un grand projet en périphérie,  le conseil d’administration de ces sociétés  se réunit tout de suite pour voir quels sont les moyens en centre-ville.
Nous voulons proposer à Martine Pinville des coopératives juridiques d’intérêt collectif, à l’image de ce modèle. Les « plus » par rapport aux unions commerciales existantes : les différents acteurs définissent un périmètre, qui doit rassembler tout le monde, il n’y a pas que les commerçants qui y figurent, il y a aussi les professions libérales ; la cotisation serait calculée sur un pourcentage de la CFE (Cotisation foncière des entreprises). Elles pourraient prendre le nom de Coopératives de développement économique...
La collaboration de la collectivité locale peut être matérielle (drive, plate-forme informatique…). Dans ce contexte, pourquoi ne pas envisager un contrat avec la Poste pour une livraison dans la journée ?

Quel est le calendrier prévu ?
A partir du deuxième semestre 2016, une douzaine de villes (Tourcoing, Saintes, La Rochelle…) va expérimenter ce projet, soutenue par les municipalités et les CCI (Chambres de commerce et d’industrie). Ce sera le cas aussi dans plusieurs villes de Lozère. A l’heure des communautés de communes, dans les zones très rurales, les villes de ces communautés peuvent être dans la boucle de ce modèle économique de gestion. Cette expérimentation  permettra d’approfondir le projet et de le rectifier si besoin.
Face à l’arrivée brutale d’Amazon, le meilleur commerçant indépendant ne peut pas changer la donne. Mais il ne faut pas les prendre pour des « retardés », l’arrivée d’Internet les a bouleversés mais ils sont prêts à y aller et s’associer dans la modernité.  L’Etat doit donner un cadre pour ces  nouvelles pratiques mais ne doit pas s’ingérer.
 
 

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