Cession Commerce

François Clément, président de la Fédération française des associations de commerçants

Par Jean Couderc - Le 28 / 01 / 2008

Président de la Fédération française des associations de commerçants, François Clément nous dévoile les objectifs de la campagne nationale de communication, afin de promouvoir le commerce de proximité, qui débute aujourd'hui.

François Clément, président de la Fédération française des associations de commerçants

« Trop de repreneurs s'installent sans aucune expérience. »

Vous lancez une campagne pour le commerce de proximité. Pourquoi ?
Nous avons souhaité, en collaboration avec l'Association des maires de France, promouvoir le commerce de proximité par rapport à l'ensemble du commerce national. Mais il ne s'agit pas d'opposer les différentes formes de distribution comme l'épicerie et la supérette. La grande distribution est nécessaire dès lors qu'il y a un équilibre. On veut simplement éviter une distortion de concurrence.

Les conclusions du rapport Attali vous inquiètent ?
Oui, en effet, car elles ne sont pas réalistes. Les équilibres doivent être respectés. On ne va pas augmenter le pouvoir d'achat et les chiffres d'affaires en opposant les commerces entre eux. Nous sommes contre l'anarchie commerciale qui entraînerait la disparition de points de vente.

Vous craignez que les grandes surfaces s'agrandissent encore ?
Il faut bien comprendre que la libéralisation de la grande distribution conduira à la disparition du commerce dans les zones rurales. La France, ce n'est pas que Paris où les commerçants sont particulièrement nantis. Il est urgent que nous soyons davantage impliqués dans les décisions commerciales.

Que proposez-vous ?

Nous représentons la diversité, de la petite PME au pharmacien, en passant par le boucher, qui a un intérêt commun : la sauvegarde et le développement de nos territoires. Pour être vraiment efficace, il faut se regrouper sous la même bannière. Mais il faudrait que nous puissions travailler en plus étroite collaboration avec les CCI. Les managers de centres-villes peuvent nous y aider.

Quel est votre diagnostic sur la situation actuelle des commerçants ?
Ils sont entrain d'évoluer, les mentalités changent. Ils sont, par exemple, de plus en plus à s'être mis aux nouvelles technologies, notamment Internet : disposer d'un site est désormais indispensable pour présenter ses produits, mais aussi faire de la vente.

Etes-vous optimistes pour leur avenir, et notamment pour les futurs repreneurs ?
Les bons professionnels tireront toujours leur épingle du jeu. Le problème réside dans la formation que l'on souhaiterait rendre obligatoire pour tous les repreneurs de commerce. Beaucoup s'installent sans aucune expérience alors que l'on se doit, à notre époque, d'être le meilleur. Une formation nous semble nécessaire pour apprendre les fondamentaux en termes de gestion et d'accueil de la clientèle.

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