Cession Commerce

François Roubaud, Président de la CGPME

Par Jean Couderc - Le 12 / 03 / 2007

Président de la CGPME, François Roubaud craint des répercussions négatives de l'augmentation du smic pour les TPE de moins de 10 salariés.

François Roubaud, Président de la CGPME

« Le passage du Smic à 1500 euros nuirait à l'emploi, particulièrement dans le commerce et les services. »

Comment le salaire minimum a-t-il évolué en France ?
Au cours des dernières décennies, le SMIC a augmenté de façon considérable dans notre pays. Cette tendance, liée à la pratique des « coups de pouce », c’est-à-dire les augmentations qui interviennent au-delà des critères légaux d’évolution du SMIC, a été d’ailleurs accentuée récemment. Au total, entre le 1er Juillet 1997 et le 1er Juillet 2006 compris, l’augmentation brute du SMIC a été de près de 37 % (36,61 %), soit une augmentation nette, compte tenu de l’inflation (15,30 %), supérieure à 21 % (21,31 %).

Quelles ont été les répercussions sur les entreprises, et notamment les commerces ?
Cette très forte augmentation est particulièrement ressentie par les entreprises, notamment les TPE de moins de 10 salariés où les Smicards représentent le tiers des effectifs. Par ailleurs, une telle hausse a empêché une évolution cohérente des grilles de salaires, les rémunérations correspondant aux premiers niveaux de qualification étant, dans beaucoup de branches, malgré les accords de salaires, dépassées à chaque nouvelle augmentation (élevée) du SMIC.

Que préconisez-vous ?
Au final, c’est l’emploi, notamment dans les plus petites des PME, qui a pâti de cette évolution. On rappellera à cet égard que, selon l’INSEE, le relèvement de 1 % du SMIC détruit 0,5 % des emplois parmi les moins qualifiés.
C’est pourquoi la CGPME demande un engagement gouvernemental sur la législature, ou au moins sur une période triennale, d’appliquer strictement et uniquement au 1er Juillet de chaque année les deux critères légaux d’évolution du SMIC et de ne pas procéder à des « coups de pouce » sur le salaire minimum.

Vous ne souscrivez donc pas à la proposition de passer le SMIC à 1500 euros ?
Compte tenu de tous ces éléments, la CGPME n’est évidemment pas favorable à la proposition de porter le SMIC à 1 500 euros, même en fin de législature, c’est-à-dire en 2012. En effet, une telle évolution correspondrait à une augmentation brute de près de 20 % du SMIC, ce qui, après l’évolution de la période 1997-2006, serait très difficilement supportable par les entreprises et nuirait à l’emploi. Nous l’avons dit précédemment, l’augmentation intervenue dans la dernière décennie a d’abord touché de plein fouet les TPE de moins de 10 salariés. Or, ces entreprises sont essentiellement des entreprises du commerce et des services.

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