Cession Commerce

Gaylord Graveleau, dirigeant associé d'Itransaction

Par Sophie Mensior - Le 02 / 09 / 2013

Comment évolue le marché de la cession et reprise de fonds de commerce et comment le cédant peut-il se préparer à cette opération ? Gaylord Graveleau, dirigeant associé d'Itransaction, filiale du groupe Strego, spécialisée en cession et acquisition de fonds de commerce, répond à ces questions.

Gaylord Graveleau, dirigeant associé d'Itransaction

« Nous allons vers une baisse des prix de cession même si les belles affaires arrivent à se maintenir »

Comment le cédant doit-il se préparer à bien vendre son commerce ?
Tout d’abord, il faut bien distinguer celui qui vend pour partir à la retraite et celui qui vend pour reprendre une affaire derrière. Et s’il s’agit d’une vente de titres ou vente de fonds. Dans ces cas de figure, la fiscalité ne sera pas la même. Le cédant devra  faire un point concret avec son  expert-comptable sur ces aspects fiscaux. C’est le premier réflexe à avoir car il y a eu un certain nombre de changements ces derniers mois.
En ce qui concerne le dispositif départ à la retraite, par exemple si  je suis boulanger et en société, à 2 ans avant ou après la retraite,  je peux être exonéré de la plus-value, si j’ai détenu la société pendant plus de 8 ans. Cette règle de base n’a pas bougé, elle est prorogée jusqu’en 2017.
 

Quelles sont les méthodes pour évaluer un commerce ?
Historiquement, leur valeur était calculée sur un pourcentage de chiffre d’affaires, cette méthode est d’ailleurs toujours utilisée. Une affaire doit se rembourser sur 7 ans, donc elle doit dégager de la rentabilité. Aujourd’hui, on est plus sur des approches liées à la rentabilité. Par exemple un petit salon de coiffure, qui emploie 1 à 2 personnes. Pendant longtemps, on a estimé qu’il s’évaluait à 70 % du chiffre d’affaires. Aujourd’hui, on regarde les bilans des 3 dernières années et sa rentabilité. Pour quelles raisons ? S’il réalise 100 000 euros de chiffre d’affaires, il n’aura pas la même rentabilité s’il est basé en centre-ville de Nantes ou à Cholet.
 
Comment évolue le marché de la cession et reprise de fonds de commerce ?
Le marché est tendu. On va vers une baisse des prix de cession, même  si  les belles affaires, comme les boulangeries, arrivent à se maintenir.  Les salons de coiffure sont en baisse,  de même que les cafés. L’hôtellerie se maintient de manière très haute, car le foncier est une valeur refuge. Mais lorsqu’ il y a beaucoup de mises aux normes à effectuer,  les prix se négocient à la baisse. 
Quant aux restaurants, c’est variable ; cela dépend de leur emplacement, de leur historique. Il s’agit d’un marché qui bouge beaucoup.
Ce qui change, c’est la vision des banques ; elles ne financement plus n’importe qui. Notamment dans la restauration, elles veulent des gens du métier, ce qui réduit le nombre des acquéreurs.
 
En combien de temps  peut s’effectuer une transaction ?
Entre le démarrage et la finalisation de l’opération, il faut compter 6 à 8 mois. Il faut savoir qu’une bonne affaire, cela ne traîne pas dans le temps. On ne doit pas mettre un an pour vendre une boulangerie.
 
 
 
 
 
 
 

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