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Gérard Audureau, Président de DNF

Par Jean Couderc - Le 30 / 11 / 2007
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Président de l'association Droits des non-fumeurs, Gérard Audureau s'appuie sur une récente étude de TNS pour rassurer les professionnels des CHR.

Les établissements déjà non-fumeurs ont enregistré une hausse de fréquentation.

« Les établissements déjà non-fumeurs ont enregistré une hausse de fréquentation. »

Pourquoi avoir commandé une étude de l'impact du tabac sur la fréquentation des restaurants et cafés ?
Il fallait absolument, avant le passage du 1er janvier et l'interdiction de fumer dans les CHR, combattre le mythe de la perte de chiffre d'affaires. L'UMIH, par la voix de son président André Daguin, et surtout l'industrie du tabac ne cessent de répéter que les établissements vont subir une baisse comprise entre 25 et 30 % de leur CA. Mais cette hypothèse est infondée !

Que disent les résultats de cette étude ?
Nous avons interrogé 800 établissements, majoritairement des restaurants non-fumeurs, dont 28 % disposent d'un espace couvert et séparé pour les fumeurs. La moitié d'entre eux est passée en non-fumeur depuis le 1er janvier 2007. Les résultats sont éloquents : en ce qui concerne la fréquentation, l'impact de l'interdiction est positif puisque 57 % n'ont noté aucune évolution, 36 % ont observé une augmentation, tandis qu'ils ne sont que 7 % à déclarer avoir perdu des clients.

Ce ressenti peut-il se traduire en chiffre d'affaires ?
Dans un climat très concurrentiel, puisque de nombreux établissements sont encore fumeurs, 26% de ceux qui ont interdit ou "encadré" la consommation de tabac dégagent un CA en augmentation, 7 % accusent une diminution, tandis que 67 % sont restés stables. Par ailleurs, le tabac étant la deuxième cause de baisse de fréquentation dans les cafés, il va se créer de nouvelles habitudes et la consommation va redémarrer. Les chiffres parlent d'eux-mêmes. Sans oublier l'image de qualité que 83 % des professionnels interrogés estiment avoir gagnée lorsque leur établissement est devenu non-fumeur.

C'est donc un message rassurant que vous souhaitez transmettre aux restaurateurs ?
Absolument. Ils n'ont rien à craindre à condition qu'il n'y ait pas de distortion de concurrence. Partout où la loi a été appliquée, les gens ont été très surpris des résultats. Les fumeurs, même si l'on constate une petite frange qui part définitivement, reviennent 15 jours après la mise en application de la loi.

Que craigniez-vous précisément alors ?
Deux choses : tout d'abord, le Président de la République laisse ses ministres défendre la loi, tandis qu'en parallèle, il instrumentalise des élus, comme P. Balkany, qui font des propositions pour l'aménager. Souhaitons qu'ils ne parviennent pas à infléchir le gouvernement. L'autre élément d'inquiétude concerne l'application du texte : j'ai peur qu'aucune mesure de contrôle ne soit mise en place.

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