Cession Commerce

Guy Boddaert, expert-comptable chez In Extenso pour la région Nord-Pas-de Calais

Par Sophie Mensior - Le 09 / 05 / 2011

Convaincre le banquier d’accorder un prêt pour financer la reprise d’un fonds de commerce constitue une opération délicate. Guy Boddaert, expert-comptable chez In Extenso pour la région Nord-Pas-de-Calais, répond à nos questions sur ce sujet.

Guy Boddaert, expert-comptable chez In Extenso pour la région Nord-Pas-de Calais

« Les critères se sont durcis pour obtenir un prêt, notamment sur l'apport à fournir »

Pour ceux qui veulent reprendre un commerce, est-ce plus difficile aujourd’hui d’obtenir un financement ?
Les critères se sont un peu durcis, notamment sur l’apport à fournir, les banquiers sont beaucoup plus regardants qu’avant. Sachant qu’il y a des secteurs plus difficiles que d’autres. En reprise, les derniers bilans ne sont pas forcément présentables. Or le banquier va se baser sur le passé plus que sur le potentiel que peut amener le repreneur.
Pour bâtir le plan de financement, il est conseillé de rechercher plus de fonds propres, par exemple faire appel à des plates-formes d’initiative locales pour obtenir des aides.

Que conseillez-vous  pour bien construire son plan de financement ?
Pour être crédible, il ne faut pas prévoir de croissance la première année. Il faut déjà essayer de garder le même résultat, sinon le repreneur du fonds de commerce ne sera pas pris au sérieux. Il faut rester dans la continuité et après on pourra envisager une croissance pour les années suivantes. En fait, il faut avoir un prévisionnel proche de la réalité, être prudent au niveau du chiffre d’affaires et du résultat.

Quels sont les éléments susceptibles de déclencher l’accord de la banque ?
L’improvisation n’est pas de mise : il faut avoir bien préparé son dossier, et savoir décrire son projet avant de le chiffrer. Il ne faut pas hésiter à mettre des photos pour illustrer son propos. Il faut savoir également le présenter et le défendre.
Aujourd’hui, les nouveaux patrons dans les banques, ce sont les risques, qui vont demander des garanties, des cautions. Donc il est recommandé d’avoir un patrimoine. Sans garantie, cela devient compliqué. Il faut pouvoir apporter des garanties personnelles ou par le biais d’Oseo. Mais attention cet organisme peut refuser s’il estime que le projet n’est pas viable. C’est la banque qui saisit Oseo, ce n’est pas au porteur de projet de le faire.

Finalement, quel est le rôle de la banque ?
Elle assure un rôle d’écrémage des projets. Si elle refuse d’accorder un prêt, cela peut inciter le repreneur à mieux réfléchir, à peaufiner son projet. La banque ne va financer le projet que si elle certaine de pouvoir récupérer les sommes qu’elle a prêtées. C’est la première règle à savoir : il faut pouvoir rembourser les mensualités en fonction des résultats et des marges que l’on a aujourd’hui.

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