Cession Commerce

Guy Subra , président de la Fédération Nationale HBJO (Horlogers, bijoutiers, joailliers, orfèvres)

Par Sophie Mensior - Le 29 / 08 / 2011

Après avoir souffert en 2008-2009, l’horlogerie-bijouterie redresse aujourd’hui la tête, en proposant des gammes plus accessibles. Guy Subra, président de la Fédération Nationale HBJO (Horlogers, bijoutiers, joailliers, orfèvres) fait le point sur ce secteur.

Guy Subra , président de la Fédération Nationale HBJO (Horlogers, bijoutiers, joailliers, orfèvres)

« Le secteur de l'horlogerie-bijouterie s'est bien défendu face aux hypermarchés »

Combien d’horlogeries-bijouteries trouve-t-on en France ?
On compte environ 6 500 points de vente et 4 300 entreprises pour 19 500 salariés. Le nombre de magasins a pas mal baissé depuis une trentaine d’années. Il y a beaucoup de reprises car il y a beaucoup de cessions. C’est le « papy-boom », une grande partie des bijoutiers part à la retraite, leurs boutiques sont reprises par des succursalistes ou par des indépendants, qui possèdent plusieurs magasins. Ou alors il y a des fermetures pures et dures.

Quel a été l’impact de la concurrence des hypermarchés ?
Les rayons "bijouterie" dans les hypermarchés ont permis de développer le marché et de démocratiser le bijou. Certaines catégories de population avaient un peu peur de franchir le seuil d’une bijouterie.
Aujourd’hui, ce circuit de distribution  représente environ 12 % du marché, cette part est stagnante, elle aurait même tendance à régresser. Notre secteur a surmonté ce cap et s’est bien défendu face aux hypers.
 
Quelles sont les compétences requises  pour exercer ce métier ?
Il n’est pas obligatoire d’avoir des diplômes, même si cela est plutôt conseillé. L’important, c’est de maîtriser le produit (les techniques des bijoux, des montres), ce qui s’acquiert par l’expérience et/ou la formation continue.
 
Que faut-il savoir lorsque l’on reprend une bijouterie ?
Outre l’achat du fonds de commerce, dont la valeur est très liée à l’emplacement, il faut financer un stock, qui tourne une fois par an. Par exemple, si le magasin réalise 400 000 euros de chiffre d’affaires, avec un stock d'une valeur de 100 000 euros, il faut financer autour de 70 000, le reste l’étant par le crédit fournisseur.
Pour moi, il est plus intéressant de reprendre une bijouterie existante que d’en créer une car il n’y a pas d’aménagements à faire, ceux-ci peuvent être coûteux en termes de sécurité. D'autre part, on bénéficie d’une clientèle existante.
 
Comment se porte le secteur aujourd’hui ?
Nous avons connu une baisse de chiffre d’affaires en 2008-2009, pratiquement compensée par une hausse en 2010-2011. Sur les 6 premiers mois de cette année, nous sommes à +2 %. La part des bijoux en or a tendance à diminuer au profit de l’argent et de l’acier. Celle des montres est en augmentation, elles représentent 20 % du chiffre d’affaires mais génèrent moins de marge que les bijoux. Les montres tirent le marché, ce sont elles qui font rentrer les gens dans le magasin.

< Retour à la liste

Ces pages pourraient vous intéresser :

>Actualité
Magazine l'argus des commerces et des entreprises