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Isabelle Roy, directrice du service qualité et développement économique à la Fédération nationale de la coiffure

Par Sophie Mensior - Le 11 / 02 / 2011
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Si la coiffure ressent les effets de la crise comme d' autres secteurs, elle reste un métier qui attire. Isabelle Roy, directrice du service qualité et développement économique à la Fédération nationale de la coiffure (FNC) fait le point pour nous sur les évolutions que connaît ce métier.

Dans le secteur de la coiffure, la concurrence est extrêmement exacerbée

« Dans le secteur de la coiffure, la concurrence est extrêmement exacerbée »

Combien de salons de coiffure dénombre-t-on aujourd’hui ?
70 000 activités de coiffure sont recensées, ce qui comprend les établissements en salon et la coiffure à domicile, ce qui donne en gros 60 000 salons de coiffure. La coiffure à domicile a véritablement explosé, elle a plus que doublé en 10 ans. Dans ce secteur, l’effet auto-entrepreneur est considérable : sur les 9 800 immatriculations enregistrées en 2009, 4 050 sont dédiées à la coiffure à domicile. Mais attention, il n’est pas si évident d’en vivre, il faut trouver sa clientèle.

Quels sont les investissements nécessaires pour démarrer dans cette profession ?
Pour s’installer à domicile, il faut compter 5 000 euros, en salon indépendant, 52 000 et en franchise (reprise ou création) environ 100 000 euros. Depuis 10 ans, 10 % des salons de coiffure sont des franchisés, les salons indépendants représentant les 90 %. Mais leur poids économique diffère : les franchisés pèsent 1/4 du chiffre d’affaires de la profession et possèdent plus de collaborateurs : 5 à 6 alors que la moyenne est de 3 collaborateurs par salon.

Qu’en est-il de la reprise ?
On aurait du assister à une explosion de reprises de salons de coiffure, compte-tenu d’un grand nombre de départs à la retraite mais le « boom de la reprise » n’a pas eu lieu. Il y a eu 1 720 reprises en 2009, en 2 010, on en a compté une centaine en moins, soit environ 1 600. Ce n’est pas en progression, ce n’est pas non plus un effondrement. Les salons à reprendre sont souvent situés en milieu rural avec des locaux vieillissants et du matériel obsolète. Les gérants n’ont pas toujours préparé leur transmission.

Comment a évolué le métier de coiffeur et qu’attendent aujourd’hui les clients ?
La concurrence est extrêmement exacerbée et les clients sont très exigeants sur les prix et la qualité du service. Ce qui va faire la différence, c’est l’emplacement, car la coiffure est par définition un service de proximité. Les clients recherchent un lieu sympathique avec une équipe accueillante. Ils sont devenus zappeurs et vont changer de salon à la moindre contrariété. Autres comportements observés : ils font attention à leurs dépenses, espacent leur visites et se recentrent sur les services de base : coupe et couleur.

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