Cession Commerce

Jacky Lebrun, président du commerce à la CGPME

Par Jean Couderc - Le 16 / 06 / 2008
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Président du commerce à l'ACFCI et à la CGPME, Jacky Lebrun craint que la LME, en accroissant le pouvoir des maires, entraîne des pressions sur les élus.

Les maires vont être soumis à une grosse pression de la part des grandes enseignes et des promoteurs immobiliers

« Les maires vont être soumis à une grosse pression de la part des grandes enseignes et des promoteurs immobiliers »

Le président Roubaud s'est insurgé contre le sacrifice du commerce de proximité sur l'autel de la concurrence sauvage. Que reprochez-vous à la LME ?
Notre mission est de travailler à un équilibre entre la grande distribution et le petit commerce. L'opération "survie" qui a été lancée dans les centres-villes il y a quelques années a, raisonnablement, des chances de réussir. Reste que les dernières mesures annoncées nous inquiètent. Mais nous ne sommes ni rétrogades ni opposés au progrès !

C'est-à-dire ?
Un certain nombre des préconisations de la commission Attali nous paraissent intéressantes et mériteraient d'être approfondies comme l'ouverture dominicale pour les commerces urbains et la mise en place d'une nocturne. La labellisation des commerçants est également une bonne chose. Tout ce qui va dans le sens de leur professionnalisation est souhaitable.

Vous estimez que les commerçants ne sont pas assez professionnels ?
Pour tenir face à la concurrence, nous avons besoin de très bons commerçants qui se forment régulièrement, travaillent entre 12 h et 14 h, parlent anglais et sont capables d'appliquer des taxes touristiques dans les régions qui le permettent. Il faut, par ailleurs, réactiver les associations pour avoir des motivations "groupées”.

Le relèvement du seuil à partir duquel une autorisation est requise pour ouvrir un magasin cristallise vos craintes. Pourquoi ?
Tout d'abord parce que ce concept ne favorisera pas le pouvoir d'achat. Ensuite parce qu'il aura comme conséquence de déplacer la concurrence de la périphérie au centre-ville. Enfin parce que nous aurions souhaité que le seuil soit limité à 600 m² dans les villes de moins de 45 000 habitants.

Les maires devraient bénéficier de pouvoirs accrus pour faire office d'arbitres. Qu'en pensez-vous ?
Les élus deviennent, en effet, de plus en plus puissants, au détriment des chambres consulaires qui doivent se transformer en conseillers et apporteurs d'idées. Je crains que les maires se retrouvent confrontés à de fortes pressions provenant des grandes enseignes et des promoteurs immobiliers.

Êtes-vous favorables au droit de préemption ?
L'idée initiale est intéressante dans l'optique de la préservation de la diversité commerciale. Il est, en revanche, inadmissible que l'on puisse toucher au capital travail d'un commerçant en donnant la possibilité à la ville de fixer le prix d'achat. Il faudrait qu'elle s'aligne sur le tarif des autres acheteurs.

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