Cession Commerce

Jean-François Bernardin, Président de l'ACFCI

Par Jean Couderc - Le 12 / 02 / 2007

Président de l'Assemblée des chambres françaises de commerce et d'industrie et auteur du livre "J'aime la France mais je suis en colère" chez l'Archipel, Jean-François Bernardin fait le point sur l'avenir des commerçants dans notre pays.

Jean-François Bernardin, Président de l'ACFCI

« Tout commerçant doit se poser la question d'Internet »

Quelle est la santé du commerce indépendant dans notre pays ?
Le principal problème réside dans la faible croissance du PIB qui se traduit par un chiffre d'affaires global en stagnation. Les dépenses liées au loyer, à l'essence et aux différentes cotisations sont telles que le pouvoir d'achat commercialisable est faible ou régressif. Il ne faut pas oublier que la prospérité des commerçants est indissociable de la prospérité du pays.

N'assiste-t-on pas, néanmoins, à un renouveau du commerce de proximité depuis 2000 ?
C'est exact mais j'ajouterai qu'il y a autant de commerce de moins de 10 salariés qu'il y a 15 ans. C'est donc une erreur de réduire le débat à l'opposition entre grand commerce périphérique et petites boutiques traditionnelles. Car les commerçants ont changé: ils se sont positionnés par rapport à la concurrence, ont adhéré à des centrales d'achats, ont revu leurs stratégies commerciales.

Sont-ils plus professionnels ?
Il faut comprendre que le client est moins manichéen qu'avant. Aujourd'hui, il zappe. Il convient donc de saisir les évolutions. On se faisait beaucoup de soucis pour les boulangers lorsque les points chauds ont fait leurs apparitions. Ils s'en sont bien sortis. On assiste également à la renaissance des cavistes qui ont compris que certains vignerons n'avaient pas une production suffisante pour commercialiser en direct.

Comment appréhendez-vous leur avenir ?
Je suis plutôt optimiste pour ceux qui se sont adaptés au 21ème siècle. Il est impératif de ne pas travailler comme nos grands-parents. Tout commerçant doit, par exemple, se poser la question d'Internet comme il fallait se poser celle du parking il y a 30 ans. Il faut bien comprendre que le commerce n'est pas une rente de situation: celui qui réussit est celui qui apporte une réelle plus-value sur le marché.

< Retour à la liste

Ces pages pourraient vous intéresser :

Actualité
Magazine l'argus des commerces et des entreprises