Cession Commerce

Jean-François Buet, président de la FNAIM, Fédération nationale de l'immobilier

Par Sophie Mensior - Le 17 / 03 / 2014

La loi Alur (loi pour l’accès au logement et un urbanisme rénové) a été adoptée définitivement par le Parlement. Jean-François Buet, président de la FNAIM (Fédération nationale de l’immobilier) explique les changements qu’elle va entrainer pour les agences immobilières.

Jean-François Buet, président de la FNAIM, Fédération nationale de l'immobilier

« Avec la loi Alur, le métier d'agent immobilier va être plus régulé »

Combien d’agences immobilières sont recensées aujourd’hui ?
On en compte aujourd’hui entre 30 et 33 000. Il est difficile d’avoir des chiffres précis. Les raisons à cela : pour exercer son métier, un agent immobilier doit détenir une carte professionnelle demandée à la Préfecture. Jusqu’en 2006, cette carte devait être renouvelée tous les ans. Depuis cette date, elle doit l’être  tous les 10 ans, donc  les chiffres sont moins précis.
Avec l’adoption de la loi Alur, dont les décrets d’application sont attendus pour l’été, les choses  vont changer : ces cartes vont être désormais distribuées par les CCI (Chambre de commerce et d’industrie).

Quelles sont les autres nouveautés de cette loi Alur ?
Il va y avoir une professionnalisation du métier, avec un renforcement de la formation. Pour les consommateurs, le contrôle des garants sera renforcé. Le souhait est de donner une meilleure image de la profession, une image plus sûre. Autre exemple : lors de la signature d’un mandat, l’agent immobilier devra décrire précisément les missions qu’il va mettre en place.
Depuis la loi Hoguet de 1970, qui régit la profession, la réglementation n’avait pas évolué. Cette nouvelle loi va profondément la modifier. Très clairement, l’attente des consommateurs n’est plus la même.
 
En quoi consiste ce métier ?
En fait, il y en a trois : la transaction, qui est la face connue de l’iceberg, la gestion locative et le syndic de copropriété. Dans les cessions d’entreprise, ces trois métiers se valorisent différemment. Pour la partie syndic, cela correspond à la valeur du chiffre d’affaires annuel (coefficient 1), pour la gestion locative, c’est le double de la valeur du CA annuel (coefficient 2).  Pour les agences, qui font de la transaction, il n’y a pas vraiment de valeur. C’est beaucoup plus discutable. On va regarder son chiffre d’affaires, son loyer, la valeur de son pas de porte…
 
Comment évolue ce marché ?
On peut distinguer 3 grandes périodes. De 2002 à 2008, ce fut la frénésie. Avec des prix qui ont fortement augmenté, ce qui a entraîné la création d’un grand nombre d’agences de transactions, dont beaucoup d’"aventuriers". A  partir de 2008, il y a eu retournement de situation, avec baisse des volumes.  D’où des fermetures : 10 % d’entre elles ont mis la clé sous la porte. Ceux qui ont le plus souffert sont les indépendants, qui ne faisaient que de la transaction.
Aujourd’hui  le métier est une pleine mutation réglementaire avec la loi Alur. Il sera plus régulé donc plus difficile d’accès. Le nombre des transactions n’augmente plus, il s’est stabilisé à environ 700 000 par an (ce nombre était monté à 830 000 en 2011).
Notre profession est directement impactée par l’évolution économique des territoires. Sachant que le logement représente le premier budget des ménages.
 
Présentez-nous votre syndicat ?
Il y a en France 3 syndicats patronaux. La Fnaim, le plus important et le plus ancien, comprend 12 000 adhérents, le SNPI (le syndicat national des professionnels immobiliers) qui en comprend 8 000 et l’Unis, qui réunit 3000 à 3500 membres. La grande majorité de nos adhérents (75 % à 80 %) sont indépendants.  Par conséquent,  ils  ont besoin de se voir, d’échanger sur les bonnes pratiques.
Sinon, le marché comprend des groupes intégrés (Foncia, Nexity…) des franchises (Century, Era, Guy Hoquet…) 95 % d’entre elles sont orientées sur la transaction immobilière…

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